Bilan du Salon du Livre :

la mort du livre papier n’est pas encore d’actualité !

Le temps quasi estival du samedi 31 octobre aurait pu faire craindre une maigre participation. Mais Barbara Oudiz , directrice du salon, et son équipe ont été rassurées puisque la fréquentation est en hausse avec 1650 visiteurs contre 1500 l’an dernier.
Le salon qui se déroule dans le salon des Gouverneurs du Casino Barrière est idéalement situé pour permettre aux amoureux de la lecture de s’y arrêter en allant ou revenant de la plage.
Si le soleil et la chaleur ont un peu frustré les auteurs qui n’ont pas pu en profiter - « il m’a fallu presque devoir utiliser un sifflet pour qu’ils quittent la terrasse des Cures Marines et s’installent à leur table » rapporte en souriant la directrice -  ils se sont prêtés de bonne grâce au jeu des signatures.
Qu’il s’agisse des auteurs et ou des visiteurs, tous sont unanimes pour saluer la proximité et la convivialité. Les invités apprécient la courte durée du salon qui ne ressemble pas à un marathon de signatures ainsi que le contact avec les lecteurs. Quant aux visiteurs, ils sont sensibles à la simplicité, à la disponibilité et à l’échange avec les auteurs qui, contrairement à ce qui se passe dans les grandes foires aux livres, prennent le temps de communiquer.
Le bilan s’avère donc très satisfaisant pour Barbara Oudiz qui a souligné la qualité des auteurs présents parmi lesquels deux récompensés par un prix littéraire dans la semaine qui a suivi : Emmanuelle Loyer a reçu le prix Femina-Essai pour sa biographie de Claude Lévi-Strauss et Christophe Boltanski, le prix Femina pour son premier roman « La cache »
Le partenariat engagé avec les Cures Marines a permis de proposer des tables rondes très suivies et appréciées dans le salon Eiffel. Le débat de clôture qui, lui s’est déroulé au casino, a intéressé environ 230 personnes avec des interventions du philosophe André Comte-Sponville et du journaliste, écrivain Jean-François Kahn sur le thème « l’avenir de la France : espérer ou désespérer ». « L’on a commencé avec une approche philosophique de la notion d’espoir et de désespoir avant de débattre sur l’aspect plus politique. Comme ils ne sont pas d’accord sur beaucoup de choses, l’échange n’a pas manqué de piquant » a commenté Barbara Oudiz.
Le 14ème salon fut donc un très bon crû et en regard du grand nombre de livres achetés par les visiteurs, il est rassurant de constater que le livre papier a encore de beaux jours devant lui…
Rendez-vous  est donc pris pour l’an prochain

Pauline Bréhat                                                                                                                     09/11/2015


Astrid Manfredi :

radiographie d’une société entre désespoir et espoir

L’invitation au Salon du Livre de Trouville n’a pu que réjouir Astrid Manfredi. Celle-ci voue en effet une vraie passion pour Marguerite Duras qui a imprégné de son talent et de sa présence la station balnéaire normande.
« La petite barbare » est le premier roman d’Astrid Manfredi qui, après avoir suivi des études de lettres a travaillé dans la publicité. Puisque rédiger s’est toujours trouvé au cœur de sa vie à travers différents genres (nouvelle, poésie…), elle a suivi cette passion et créer un blog. « Laisse parler les filles » a ouvert ses pages il y a trois ans et connait un joli succès avec les chroniques littéraires et la publication de ses textes personnels. Contactée par le Huffington Post, elle y écrit également des articles autour de la littérature.
Ces circonstances ont été déterminantes dans l’envie d’Astrid Manfredi de franchir le pas : « j’ai attendu pour écrire d’avoir accumulé des expériences de vie, acquis une maturité littéraire et d’en ressentir réellement le besoin. Désormais le fil ne se tarira pas » affirme l’auteur avec un franc sourire.
Ce visage jovial tranche d’ailleurs fortement avec l’atmosphère et le sujet de l’ouvrage axé sur le portrait et le parcours chaotique d’une très jeune femme sur le fil du rasoir. Cette dernière est incarcérée pour complicité de meurtre avec le gang qu’elle avait intégré à défaut d’autre choix. « En fait, elle a toujours été enfermée, dans son enfance, entre les tours, dans son milieu, elle qui avait une appétence pour les mots et à qui l’on a dit que la culture n’était pas possible. »  L’auteur évoque l’enferment intérieur et ses dommages collatéraux ; elle parle d’exclusion, d’un chaos où « la jeunesse est en perte de repère éthique et se fourvoie dans une consommation outrancière. »
L’on décrypte une radiographie de la société « espèce de vide faussement plein ; une société ni intellectuellement ni moralement enrichissante qui tourne la tête à la jeunesse en la sollicitant, là encore à outrance, par l’image et qui refuse alors d‘aller vers la culture et l’éveil. Elle n’est pas totalement responsable. »


« Entrer en humanité, retrouver la parole »
La période d’incarcération devient, pour « La petite barbare », un temps de réflexion grâce à un soignant qui lui transmet « L’amant » de…Marguerite Duras !... « Avec ce texte, alors que paradoxalement cette jeune femme est en prison, se met en place un processus d’entrée en humanité ; elle vit une sorte de rédemption. Certes elle oscillera toujours entre la zone d’ombre et de lumière car la route n’est jamais tracée pour elle. Il n’y a pas de « happy end » ; elle peut réorienter son existence, choisir de retomber, décider de sa destinée. Tous les possibles existent. »
L’auteure n’a pas porté de jugement, mais elle n’est pas tendre non plus avec son héroïne. « Je n’ai pas voulu faire d’angélisme » explique-t-elle, « Il s’agit d’une tentative de réhabilitation. J’ai beaucoup d’indulgence pour la faiblesse humaine, pour les gens qui se retrouvent soumis à un tel chaos intérieur. »
Ce roman apparaîtra peut-être dérangeant pour d’aucun, car la violence gratuite l’est, bien évidemment. Il faut cependant souhaiter qu’il dérange dans le bon sens c’est-à-dire qu’il amène à poser les bonnes questions. Si l’ouvrage aborde de nombreux sujets douloureusement actuels – l’enfermement intérieur, la place de la culture, l’héritage laissé à la jeunesse, l’exclusion, l’incarcération féminine, la place des femmes dans la société, les différences et rapports entre les hommes et les femmes – l’on doit aussi y lire une forme d’espoir.
Quant à sa relation avec la Normandie, Astrid Manfredi n’en a pas terminé puisqu’elle finalise un second roman dont l’action se déroule au Havre. Il s’agira d’une sorte de thriller polyphonique sur le vertige amoureux que les lecteurs normands auront sans doute la primeur de découvrir.

« La petite barbare » (Editions Belfond)
Pauline Bréhat


Misato Kakizaki-Raillard et Isabelle Bruno :

"les voies du bien-être"

« L’art de la beauté zen, Japon » est un très bel ouvrage proposé par les Éditions Hachette Bien-Etre dans la nouvelle collection « Rituels du Monde ». Il présente des conseils de bien-être et d’art de vivre traditionnellement développés au Japon.
Les auteures ont travaillé conjointement, apportant chacune leurs compétences : Misato Kakieaki-Raillard pour les informations, le côté pratique, le vocabulaire puisqu’elle est d’origine japonaise ; Isabelle Bruno pour la forme et la rédaction, son intérêt pour la pensée asiatique, les médecines alternatives et le bien-être.
Si, un peu partout dans le monde, les rituels reviennent en force, l’on peut souligner que leur pratique n’a jamais faibli dans ce pays de traditions parallèlement très moderne. Ces rituels rythment le quotidien des japonais, qu’ils soient effectués à l’identique à travers les générations ou réadaptés à la vie actuelle, tout en conservant leurs bienfaits.
L’ouvrage est divisé en six grandes parties : les bains, une vraie passion depuis le VIème siècle ; la beauté et ses codes ancestraux alliés aux technologies d’aujourd’hui ; les massages intégrés à la médecine traditionnelle ; le corps avec les arts martiaux pour trouver l’équilibre ; l’esprit et le zen, quête de la « réalité absolue » ; la nutrition pour préserver la santé, avec d’appétissantes recettes.
En annexe, les auteures offrent le glossaire du bien-être à la japonaise et des ustensiles de la cérémonie du thé, un carnet d’adresses en France concernant la culture japonaise, une bibliographie ainsi que des lieux de visites au Japon.
Ces grandes parties différenciées par des couleurs permettent de feuilleter à l’envie cet ouvrage esthétique et de s’imprégner de la culture nippone.
Soins du corps et de l’esprit
L’intérêt réside également dans la découverte historique de ce pays fascinant. « Notre souhait était d’adjoindre au côté pratique des éléments culturels » explique Isabelle Bruno. « Il est important d’apporter un éclairage historique sur l’origine de ces rituels propagés par les maîtres du zen depuis le VIIème siècle. »
Tous ces actes de bien-être ont vocation à procurer meilleure connaissance de soi, confiance, sérénité « en associant le soin du corps à celui de l’esprit. »
Nos vies trépidantes entraînent souvent au-delà des limites ; sans doute est-ce la raison pour laquelle les occidentaux recherchent de plus en plus à se relaxer, à retrouver du temps pour eux-mêmes et sont donc attirés par cette culture extrème-orientale.
« Nous avons tenté de faire de ce livre une porte d’entrée à la culture japonaise, une invitation au voyage. Les français sont attirés par le Japon, notamment les jeunes par le biais du manga. Face à cet intérêt, les japonais ont vraiment pris conscience de la richesse de leur culture » complète Misato Kakizaki-Raillard.
Cet ouvrage intéressera autant les « japonisants » qui ont déjà une approche de cette culture, que les esprits curieux. Il s’avère une source d’inspiration pour se (re)découvrir et apprendre à accorder le temps que mérite notre être dans son entièreté –corps et esprit-.
Les auteures
Misato Kakizaki-Raillard : née en France de parents japonais, elle a suivi une scolarité mixte. Après des études en relations internationales, elle devient traductrice de mangas et réalise des sous-titrages de courts et longs métrages notamment de films d’animation. Elle vient de cosigner avec Shima Kadokura « Le japonais du manga »  (Assimil-Kana). Elle participera à une conférence autour du manga le 9 février 2016 à 17h à la Maison de la Culture Japonaise à Paris.

Isabelle Bruno : auteure et éditrice, spécialisée dans le bien-être, l’alimentation, les médecines alternatives, la puériculture. Elle prépare un livre sur le cerveau de l’enfant posant notamment la question de savoir comment l’apport de méthodes différentes de notre culture (comme la méditation) contribue-t-il à son développement et de quelle manière ?
Avec l’ouvrage présenté ci-dessus, elle publie dans la même collection « L’art de la beauté orientale, la Méditerranée ».

Pauline Bréhat


Joana de Fréville :

« Ecrire ne se décide pas »

Joana de Fréville connait bien la Normandie puisqu’elle a possédé une maison à Honfleur, puis à Trouville. Grande lectrice, elle a fréquenté le Salon du Livre où, cette année, elle est invitée à présenter son premier roman « Le pas du lynx ».
Après des études de lettres, Joana de Fréville a travaillé dans la publicité – vite abandonnée – et la communication. Elle s’est ensuite tournée vers l’écriture et le tournage de documentaires. Durant vingt ans, elle a réalisé des films institutionnels et des reportages plus personnels proposés aux chaînes de télévision. Si elle continue à s’intéresser à l’image, elle ne voyage plus aussi souvent, très occupée par ses nombreuses activités liées à l’écriture.
L’accès à l’écriture pour tous
Depuis une dizaine d’années, Joana de Fréville dirige à Paris « Aleph Ecriture », centre de formation qui propose des stages à l’écriture professionnelle, l’écriture de création, la formation de formateurs. « Le centre, créé en 1985, vise à la démocratisation de l’écriture. Notre but est d’aider les personnes qui n’ont pas acquis les règles de base de l’écriture, qui ont des difficultés rédactionnelles, à bénéficier d’outils pour évoluer professionnellement. » Si l’écriture se situe effectivement au centre de tout, elle ne s’apprend cependant pas. « On enseigne le chant ou le dessin, pourquoi l’écriture échapperait-elle à cette transmission ? » interroge J.de Fréville. « Tout le monde a le droit d’y accéder. »
L’auteure s’implique et s’applique à transmettre ce qui lui paraît comme essentiel. Et sur le sujet, elle est intarissable ! « J’écris depuis toujours, avec cette impression que ce n’est pas une décision mais quelque chose qui relève de l’impulsion et de l’intuition. J’irais dans le sens de cette phrase de Pesoa « l’homme voué n’a pas le choix ». Toute passion se met au centre de votre vie, mobilisant attention, énergie et temps. » Joana de Fréville en a mis pour commettre ce premier roman car elle était « occupée à vivre, à avoir des enfants, à voyager, à réaliser des documentaires », ainsi qu’à écrire pour elle. Et si le moment est venu de publier, cela correspond donc à un cheminement de vie. Dorénavant, l’impulsion est donnée « j’ai envie d’aller au bout du geste comme je l’ai toujours fait pour tout ce que j’ai commencé. »

L’énergie de vivre
Joana de Fréville a choisi le roman car l’on y trouve « de l’énergie dans l’écriture et du temps pour développer une histoire. En réalité, on reconnait une impulsion : des personnages arrivent, une histoire commence à se mettre en place. J’ai voulu transmettre par des mots les nombreuses images qui défilaient ; sans doute l’influence de mon précédent métier. L’intérêt du roman réside dans le fait d’écrire à partir d’expériences personnelles puis de transformer tous ces éléments-là. »
« Le pas du lynx » met en scène une jeune femme répondant à une petite annonce dans laquelle un homme cherche une partenaire pour danser. Mais un contrat est exigé, celui de danser en silence, en préservant ses secrets et tout ce qui a trait à l’existence de chacun. Pour des raisons différentes, cet étrange contrat leur convient jusqu’à ce qu’un évènement vienne les perturber. « Il s’agit d’un livre sur l’énergie de vivre et l’expérience d’un dérangement entre un homme et une femme que la danse va rapprocher. C’est un récit sur le couple, sur l’art comme énergie salvatrice et moyen de partage avec autrui. »
La danse décrite par Joana de Fréville est le tango argentin qu’elle connait bien. Loin des clichés (femmes fatales sensuelles et provocantes), le tango est une danse d’improvisation que l’on exécute selon son ressenti. « Il y a certes des éléments techniques de base mais le tango fait appel à l’écoute respective. L’intuition des danseurs guide la danse. Comme dans l’écriture, on commence sans savoir où l’on va. »
Et l’on imagine parfaitement la silhouette élégante de l’auteure délaissant son stylo pour suivre la musique fascinante et passionnée…

A noter que « Le pas du lynx » (Editions Les Allusifs) a été choisi par La Librairie des Éditeurs Associés pour la 3ème édition du Festival Raccord(s), organisé par la ville de Paris et l’Association des Libraires Indépendants sur le thème de la danse.
Lecture publique, rencontre et bal le dimanche 10 avril 2016 à Paris

Pauline Bréhat                                                                                                                     02/11/2015


Emmanuelle Loyer :

« entrer dans le cœur d’une existence savante »

Ecrire une biographie s’avère un exercice parfois périlleux, nécessitant notamment un investissement énorme et une belle énergie. L’historienne et professeur à Sciences-Po Paris, Emmanuelle Loyer, en a fait preuve durant les quatre années de préparation de la biographie de l’anthropologue et ethnologue Claude Lévi-Strauss (1908-2009). Elle la présente au Salon du Livre où elle est invitée pour la première fois.

Une biographie avait été écrite il y a quinze ans de façon succincte par manque de documentation. Emmanuelle Loyer a eu la primeur de la découverte des archives déposées en 2007 par l’ethnologue à la Bibliothèque Nationale, au département des manuscrits. En 2010, elle a ainsi débuté son long travail de lectures, recherches, classements. Elle a également suivi le parcours du savant hors de France, enquêtant au Brésil, au Japon et à New-York.

Cet ouvrage biographique est une commande d’une éditrice des éditions Flammarion qui a en fait révélé une envie « tout d’abord de me confronter à l’écriture biographique, ensuite de retrouver Claude Lévi-Strauss dont j’avais déjà rencontré l’itinéraire lorsque j’ai écrit un ouvrage sur l’exil des intellectuels et artistes à New-York pendant la guerre. La figure de Lévi-Strauss m’avait tout de suite aimantée. Il était alors jeune ethnologue, ami avec les surréalistes de l’époque avec lesquels il découvre l’Art Premier. Ce compagnonnage entre la science et l’art m’a passionnée. »

Emmanuelle Loyer décrit « un savant un peu rêveur, impatient, pince-sans-rire, provocateur à ses heures » sur le plan de la personnalité ; « imprévisible et assez inclassable » quant à son œuvre et son idéologie. Le savant a produit « une œuvre qui joint une dimension littéraire et artistique à la dimension savante. »

C.Lévi-Strauss a vécu au Brésil dans les années 30 et aux Etats-Unis dans les années 40 et connu des expériences socialisées hors de France, « c’est la thèse de la biographie : il est très français dans l’esprit et en même temps réfléchit à l’échelle du monde. Il a relativisé ce qu’est devenue la France après 1945. C’est un itinéraire biographique singulier. Il n’y a pas d’autres grands intellectuels français hors du pays possédant ce regard décentré, qui a produit une œuvre anthropologique avec, en retour, un regard sur l’occident avec le regard de l’autre et une grande modernité. »

 

Introduction à l’œuvre

Lévi-Strauss est réputé difficilement accessible à juste titre : « ce ne sont pas des lectures pour tous » approuve l’auteure. « Elles sont assez techniques. « Tristes tropiques » par exemple, est dotée d’une trame romanesque et d’une belle écriture mais n’est pas aisé. Les sept ouvrages publiés à La Pléiade sont un peu plus accessibles mais il est indéniable que l’œuvre est très exigeante. »

Cette biographie riche et passionnante constitue une excellente introduction à l’œuvre de l’anthropologue. «  C’est l’un des enjeux de l’ouvrage. » Et si l’on prête à C.Lévi-Strauss l’image d’un savant très théoricien, réactionnaire, conservateur de droite, l’auteure est beaucoup plus nuancée. De ce fait, Emmanuelle Loyer souhaite que son travail contribue à changer l’image de l’homme et de l’œuvre.

 

« Lévi-Strauss » (Editions Flammarion)

 

Pauline Bréhat                                                                                                                                     31/10/2015


Clara Arnaud :

voyager, rencontrer, écrire...

Parmi les « Premiers Romans » mis en avant au Salon du Livre de Trouville, Clara Arnaud propose son ouvrage intitulé « L’orage. »

S’il s’agit effectivement d’un premier roman, cette jeune écrivaine aventurière s’est déjà essayée, avec bonheur, à l’écriture en publiant un récit de voyage. Elle y relatait sa découverte de la Chine de l’ouest - la moins connue-, seule avec deux chevaux, témoignant de ses rencontres enrichissantes avec les populations autochtones.

C’est par la langue chinoise et son écriture (apprises à quinze ans) que Clara Arnaud est entrée dans ce pays de grande diversité. Son attirance pour ce qui est étranger, différent, l’a conduite à suivre des études de géographie, de langues orientales et de sciences politiques. C’est d’ailleurs au cours de ces études qu’elle a effectué son voyage en Chine durant lequel son désir d’écrire « est entré en collision avec les conditions dans lesquelles je me trouvais, particulièrement la solitude. »

 

Kinshasa, personnage principal

Pour sa deuxième expérience littéraire, Clara Arnaud occupait une position moins romanesque puisque expatriée (volontairement) en Afrique. Son travail en coopération dans le développement international – avec une spécialisation dans la formation et l’insertion des jeunes – l’a menée au Sénégal, au Bénin, au Ghana et enfin en République Démocratique du Congo. Elle a vécu deux ans à Kinshasa, cadre idéal de son roman « L’orage ». Il n’y a cependant aucune dimension autobiographique dans son ouvrage « le choix a été fait dès que j’ai décidé d’écrire. La fiction m’a parue évidente, me procurant plus de liberté, tout en essayant de restituer l’ambiance de cette ville avec la plus grande exactitude. »

C’est sans doute le défi de ce livre tant Kinshasa, peu connue finalement, apparaît comme compliquée à décrire. « C’est une ville difficile et attachante à la fois. J’ai tenté, peut-être à la manière d’un documentaire , de rendre compte de la déliquescence absolue de la gestion politique et en même temps de l’attirance que provoque Kinshasa, de la poésie qu’il faut aller chercher au quotidien et extraire de chaque petite chose. »

Dans ce cadre, le roman est envisagé comme un huis-clos où, durant vingt-quatre heures l’on va suivre quatre personnages très différents, à la veille d’un sommet international, jusqu’au moment où tout bascule : une insurrection dans la ville et l’orage qui monte. « J’ai choisi d’écrire au début des Printemps Arabes, car j’ai eu l’impression d’être dans une ville prête à basculer. Mais il ne faut chercher aucune lecture politique dans le récit. »  Chacun trouvera donc son interprétation, ainsi que le constate l’auteure au cours des signatures. « Certains y voient un livre assez dur, d’autres ont une vision plus optimiste, qui est aussi la mienne, avec ce constat que les quatre personnages ont beaucoup de ressources dans une situation chaotique. Il est étonnant de voir qu’il y a ces deux lectures possibles. »

En écrivant cet ouvrage, Clara Arnaud avait pour volonté de raconter l’Afrique à travers l’une de ses plus grandes villes. Son objectif avoué étant de « remettre l’Afrique au centre du monde parce que le monde entier vit à Kinshasa, les nationalités y sont multiples. J’avais envie de parler de l’Afrique autrement, pour la sortir des clichés habituels. »

 

Une voyageuse militante

Lorsque l’on demande à Clara Arnaud si elle a des projets littéraires ou de voyages, la réponse est évidente : les deux ! Il est dans sa personnalité d’être curieuse et fascinée par des mondes complètement différents dans lesquels elle s’immerge volontiers. « J’aime ces grands écarts entre les cultures. La rencontre me motive, me nourrit. Finalement, j’ai l’impression d’exercer une sorte de militantisme en voyageant et en allant vers les autres pour contrer la peur que je vois croître depuis quelques années ; peur de ce qui est différent, peur de l’autre et contre laquelle il faut lutter. »

Clara Arnaud a pour projet un voyage en Russie en 2016. L’on patientera donc pour lire un documentaire, un récit de voyage ou un second roman…

 

« L’orage » (Editions Gaïa)

 

Pauline Bréhat                                                                                                                                     30/10/2015


Jean-Pierre Coffe :

« ne jamais baisser les bras et profiter de la vie »

A travers la télévision, la radio, le cinéma, l’écriture, la défense du goût et de la qualité, Jean- Pierre Coffe est un homme populaire, connu de tous ou presque ! Oui, mais qui peut se targuer de le connaître vraiment ?
L’autobiographie « une vie de Coffe », sortie au mois de mai 2015, apportera quelques éclairages sur celui qui a déjà vécu de nombreuses vies, au cours desquelles, dit-il, « je me suis beaucoup amusé à vivre tant d’expériences différentes. »
Deux ans ont été nécessaires à Jean-Pierre Coffe pour restituer des souvenirs enfouis parfois volontairement. Ce récit n’a pas forcément correspondu à un besoin mais est venu de sollicitations, d’une série de circonstances. « Le journaliste Philippe Gaudin, mon collaborateur, à l’époque où j’animais « ça se bouffe pas ça se mange » sur France Inter, souhaitait écrire un livre sur moi. Mais au bout de plusieurs heures d’entretiens, j’ai pensé que, lorsque l’ on se fait interviewer, il peut arriver que l’on oublie volontairement des choses, que l’on ne soit pas totalement honnête. Je voulais être parfaitement sincère. Nous avons abandonné le projet, et, après une autre tentative à quatre mains, j’ai décidé d’écrire seul. »

Une réelle authenticité
L’auteur dévoile donc sa vie, ses vies, sans autocensure - « j’ai occulté ce qui n’avait pas d’intérêt à mes yeux- depuis sa naissance en 1938 à Lunéville (Meurthe-et-Moselle), enfance sans père, mort à la guerre, avec une mère qui l’aimait peu, en passant pas Paris où a emménagé sa mère et où il fait ses études dans un pensionnat. Inscription aux cours Simon car il est passionné de théâtre et de cinéma, plusieurs petits boulots avant d’ouvrir son restaurant. Il est meneur de revue à l’Alcazar avant d’entrer à la télévision et à la radio. Le militant du goût défend la qualité, dénonce la « malbouffe » (probablement l’héritage de  ses grands-parents cuisinière et maraîcher), et écrit de nombreux ouvrages sur le sujet.
Avec honnêteté, il raconte sa vie plus personnelle comme ses périodes douloureuses en souhaitant offrir une leçon à ses lecteurs, aux jeunes surtout. « J’aimerais transmettre qu’il y a toujours quelque chose ou quelqu’un qui vous tend la main avec bienveillance et compréhension. On peut toujours se sortir des épreuves de la vie ; il faut croire en sa bonne étoile et avoir confiance en soi. » Le message semble passer en regard des nombreux retours qu’il reçoit de ses lecteurs et qui le touchent énormément.
« Je me suis fixé pour règle de ne jamais mentir ; j’ai écrit avec sincérité. Et j’espère que les gens ont découvert encore une autre personne. Je voulais aussi démontrer que je n’étais pas que le « gugusse » de la télé et me libérer des gimmicks qui me suivent. »
Jean-Pierre Coffe a pour philosophie de vie de faire ce qui lui plaît, satisfaire ses envies, prendre ce qui se présente, s’étonner, être curieux, échanger, apprendre et s’amuser. «  Malgré les épreuves, c’est ce que j’ai fait. Mais attention, ma vie n’est pas finie » assure-t-il en riant. « Un almanach est sorti pour cette fin d’année, j’ai des projets d’écriture pour 2017 et j’aimerais encore faire une émission de pédagogie avec des enfants et adolescents sur l’alimentation, la qualité, le goût. Les adultes ont été trop mal éduqués mais j’ai bon espoir pour les jeunes générations !»  Infatigable Jean-Pierre Coffe…

« Une vie de Coffe » (Editions Stock)

Pauline Bréhat


Jean-Claude Carrière :

Croyance et utopie, matières à réflexions....

Pour la deuxième fois, le scénariste et écrivain Jean-Claude Carrière sera présent au salon du livre de Trouville avec deux ouvrages « Croyance » et « Utopie, quand reviendras-tu ? »

Ce dernier ouvrage, faisant partie de la collection « Grands Entretiens », est une conversation rapportée par le journaliste Gilles Vanderpooten, également présent au salon.

Le titre fait écho à celui d’un livre écrit par Jean-Claude Carrière en 2003, intitulé « Les années d’utopie-1968-1969 New-York-Paris-Prague-New-York », un itinéraire suivi par le scénariste en compagnie de Milos Forman, Luis Buñuel et Louis Malle. L’auteur y relate ses souvenirs, « ce vent d’utopie [qui] a vraiment soufflé sur ces années-là. Deux années inoubliables qui ont fait bouger des sociétés assoupies et nous ont ouvert des portes inconnues » et une question : connaîtrons-nous un jour une autre utopie ?

L’utopie est pour l’auteur une manifestation qui n’a pas d’endroit, quelque chose que nous avons en tête, qui ne s’applique nulle part. C’est sans doute une illusion puisque, même si l’on essaie, le monde ne change pas- « le mouvement hippie a été d’une extrême naïveté »-. Il n’est pas aisé de passer « d’une mission rêvée à sa mise en œuvre concrète, on ne retrouve rien de ce qu’il y avait sur le papier, on est désaxé, on ne peut avancer. »

Ces entretiens proposés par Gilles Vanderpooten ont permis à Jean-Claude Carrière de faire le point « de m’interroger en désordre, de m’arrêter sur des moments donnés de ma vie, mes réactions, mes sentiments. » Fourmillant de nombreuses anecdotes jalonnant cette vie multiple et riche, l’ouvrage raconte les rapports entretenus par le dramaturge avec le cinéma, la culture, la religion, la spiritualité. Il évoque son engagement écologique, ses doutes quant aux perspectives laissées à la jeunesse qui sont cependant supplantés par son espoir de croire en cette même jeunesse et en « une folie salutaire. »

 

Générer des réflexions

Cet esprit toujours jeune continue de s’interroger, d’être curieux. Preuve en est de ces questionnements et recherches du deuxième ouvrage présenté au salon, intitulé « Croyance ». Réflexions sur la religion élargies aux croyances diverses pas seulement issues des religions. Pour l’auteur, « la religion est un conte de fée faisant partie du domaine des croyances qui ne sont que des certitudes sans preuves. La religion s’est accaparé le spirituel. Qu’est-ce d’ailleurs que le spirituel ? Je le rapprocherais peut-être du surnaturel. Et s’il s’agit de « la vie de l’esprit » alors sans doute puis-je penser être quelqu’un de spirituel. »

Dans de nombreuses œuvres, Jean-Claude Carrière a abordé le problème de la religion qui « est fascinante car elle ne nous dit rien sur un ou des dieux mais en dit beaucoup sur nous-mêmes… » L’auteur souhaite que son ouvrage génère des réflexions, pousse ses lecteurs à « s’interroger sur ces croyances inouïes, sur le retour de cette alliance entre la foi et le sanguinaire, la religion et la guerre…. » Considérations nécessaires qui ne doivent pas faire perdre tout espoir en l’être humain…

 

« Croyance » (Editions Odile Jacob)

« Utopie, quand reviendras-tu ? » Gilles Vanderpooten (Editions de l’Aube)

 

Pauline Bréhat


Catherine Terzieff : hommage d’une sœur à son illustre frère

Catherine Terzieff connait bien Trouville ; elle a visité plusieurs fois le Salon du Livre. Cette année, elle y est invitée en tant qu’auteure pour son ouvrage « Une vie pour le théâtre, Laurent Terzieff, mon frère » (éditions Le Bord de l’Eau).
Journaliste pendant dix-sept ans pour le groupe Filipacchi, Catherine Terzieff s’est ensuite consacrée à la réalisation de documentaires notamment pour France 5. Elle a toujours écrit pour relater de la façon la plus juste, pour essayer d’accrocher la réalité au plus près. C’est ce qu’elle a fait en rédigeant la biographie de son frère Laurent Terzieff, ce talentueux comédien si charismatique, décédé en 2010.

Les mots pour vocation
Les quatre enfants Terzieff sont nés dans une famille d’artistes entre un père sculpteur d’origine russe, Jean Terzieff, et une mère peintre originaire de Toulouse, Marina Terzieff. C’est la sœur aînée, sculptrice, qui entraîne Laurent au théâtre à l’âge de quatorze ans pour assister à une pièce de Strindberg. Sa rencontre avec Roger Blin, le metteur en scène, le convainc qu’il lui faut dépasser le travail de théâtre qu’il pratique déjà au lycée. A dix-huit ans (1953), il débute au théâtre de Babylone dans « Tout contre tous » d’Arthur Adamov, dirigé par Jean-Marie Serreau.
Sa vie est vouée au théâtre, à la poésie, aux textes, aux auteurs, aux mots. Il évolue, avec autant de plaisir, de l’absurde à un théâtre plus dur, plus désespéré avec des auteurs russes et polonais ou juifs américains plus en avance dans l’ironie. Il milite pour la création d’un théâtre poétique, s’intéresse également au genre classique ou de boulevard : « ce n’est pas parce que je fais ce théâtre réputé intellectuel que je méprise le théâtre de distraction. Il y a le bon et le mauvais théâtre, c’est tout », affirmait-il sans faire de distinction entre le public et le privé. Son souhait était d’ouvrir le théâtre au monde entier.
Être solitaire, réservé, timide, il se révélait complètement sur scène. Il a été compris et aimé de son public comme des critiques. Il était doué d’une puissance de création extraordinaire qui lui a permis si souvent de masquer son mal-être.

Un récit d’amour sincère
Catherine Terzieff a retrouvé Laurent à la fin de sa vie. Elle a accompagné durant ces derniers mois ce frère aimé détruit par la mort de sa compagne huit auparavant, comme l’avaient atteint le suicide de sa sœur aînée puis le décès de sa mère.
« Mais ce ne fut pas une catastrophe pour lui de quitter la vie ; une vie qu’il a aimée malgré les douleurs et bien qu’il ait eu le sentiment de l’avoir ratée personnellement puisqu’il n’a pas eu d’enfant. Il a été satisfait cependant de ce qu’il a fait », confie sa sœur.
« L’écriture de cet ouvrage a été une thérapie » assume-t-elle. « Le désespoir a d’abord été ma motivation. Je l’ai fait avec respect, sans égratigner sa notoriété. Je parle de lui comme on le connaissait. Ce n’est pas un livre complaisant ou de dénonciation. Il n’y a rien en sa défaveur. »
Laurent Terzieff n’a pas servi que le théâtre mais aussi le cinéma, avec de nombreux films, et la poésie, avec des enregistrements de disques. « Il ne restera peut-être pas grand-chose de mon frère puisqu’il n’était pas auteur ; seulement quelques films et sa voix. C’est peut-être pour cela aussi que j’ai écrit sa vie, pour qu’il reste une trace » ajoute Catherine Terzieff avec émotion et sincérité.


Pauline Bréhat


Programme du Salon du Livre 2015 :

Le rendez-vous des amoureux de la lecture...

Samedi 31 octobre, « Trouville-sur-Livres » réunira soixante auteurs dans le Salon des Gouverneurs du Casino Barrière et, pour la première fois, dans le Salon Eiffel des Cures Marines de Trouville. Une fois encore, la directrice du salon, Barbara Oudiz, et l’équipe du Comité Editorial ont œuvré pour rassembler des auteurs dont ils reconnaissent les qualités littéraires. Le succès ne saura donc se démentir puisque cette quatorzième édition proposera une rencontre avec des talents très diversifiés.
Au détour des allées, les visiteurs pourront échanger avec des personnalités fidèles à la station balnéaire comme Yves Aublet, François Bott, Vladimir Fédorovski, Jérôme Garcin, Eric Fottorino, Catherine Terzieff ; avec des auteurs inspirés par la Normandie comme Marie-Odile Lainé, Dominique Bussillet, Laurent Manœuvre, Benoît Noël, Benoît Vochelet ; avec des observateurs de la vie politique nationale ou internationale comme Frédéric Encel géopoliticien, Mathieu Sapin chroniqueur des coulisses de l’Elysée, Patrick Franceschi écrivain, marin et aviateur auteur de « Mourir pour Kobané », Tobie Nathan, Paula Jacques ou Gilbert Sinoué nés en Egypte et écrivant sur l’histoire de ce pays, Nahal Tajadod iranienne docteur en chinois auteure de récits et roman sur l’Iran et la Chine) ;  avec des essayistes, des philosophes, des biographes, des romanciers et bien d’autres auteurs.

Premier roman.
Outre la convivialité, la renommée du salon tient au fait qu’il laisse une large place aux auteurs publiant leur premier roman. Sept seront présents cette année: Clara Arnaud, Christophe Boltanski, Laurent Carpentier, Sophie Daull, Joana de Fréville Astrid Manfredi et Antoine Mouton. Parmi eux, quatre participeront à une table ronde intitulée « premier roman ».
Le journaliste Rémi Mauger, animera également deux autres rencontres avec pour thèmes complémentaires : « ce qui me pousse à écrire »  et « le bonheur de créer ». Diane Meur («La carte des Mendelssohn ») et Alice Zeniter («Juste avant l’oubli ») apporteront leurs réflexions sur la place de l’écriture dans la vie d’écrivain et d’écrivaine. Jean-Claude Carrière et Jean-Pierre Coffe témoigneront ensuite de leur envie toujours présente de créer.
Mené par Eric Fottorino, un débat entre le philosophe André Comte-Sponville et le journaliste, écrivain, polémiste Jean-François Kahn sur le thème « L’avenir de la France : espérer ou désespérer ? » clôturera cette journée dédiée au livres.
Programme de Trouville-sur-Livres, Samedi 31 octobre :
De 14h à 18h30 :  Dédicaces et rencontres avec les auteurs dans le Salon des Gouverneurs du Casino Barrière
Rencontre et débats dans le Salon Eiffel de l’Hôtel des Cures Marines :
15h Table ronde « Premier roman » avec Clara Arnaud, Christophe Boltanski, Sophie Daull, Astrid Manfredi
16h Rencontre avec Diane Meur et Alice Zeniter « Ce qui me pousse à écrire »
17h Rencontre avec Jean-Claude Carrière et Jean-Pierre Coffe « Le bonheur de créer »
19h30 Soirée de clôture : Débat animé par Eric Fottorino avec André Comte-Sponville et Jean-François Kahn « L’abenir de la France : espérer ou désespérer ? »


Pauline Bréhat                                                                                                                    27/10/2015


3 Questions à…Barbara Oudiz,

Directrice du salon du Livre de Trouville-sur-Mer...

H-I : Depuis combien de temps êtes-vous directrice du salon et quel est votre rôle ?

B-O : "C’est la quatrième année que je suis directrice de « Trouville-sur-Livres ». Je travaille en étroite collaboration avec notre Comité Editorial pour sélectionner les auteurs que nous souhaitons inviter. Ce comité est constitué de : l’équipe de la Bibliothèque Municipale de Trouville, notamment Laurence Horvais et Carole Lebrun, les membres de la mairie de Trouville dont l’adjointe à la culture Pascale Cordier, l’équipe de la librairie caennaise Brouillon de Culture. De temps en temps nous invitons à participer à nos réunions quelques écrivains spécialement liés à Trouville et fidèles au salon. Le Comité se réunit quatre à cinq fois entre le mois de mai et septembre. Plus spécifiquement, mon rôle est d’organiser, d’animer ces réunions et d’inviter ensuite les auteurs que nous avons sélectionnés".

 

H-I : Quels sont les critères de sélection des auteurs ?

B-O : " Pour chaque édition, nous avons comme principe de n’inviter que des écrivains ayant publié dans l’année. Nous regardons très attentivement tout ce qui se publie et sélectionnons les auteurs dont nous apprécions particulièrement les qualités littéraires ; ce sont elles qui priment sur la notoriété. Qu’ils soient auteurs de romans, de biographies, d’ouvrages historiques, d’essais politiques, de BD ou de livres portant sur la Normandie, nous nous devons d’être convaincus de la qualité de leur écriture et de leurs propos. C’est pourquoi nous tenons, par exemple, à avoir tous les ans un pôle « premiers romans » avec sept à dix auteurs que nous mettons en avant pour la qualité de leurs ouvrages. Le Comité Editorial choisit également quels auteurs il souhaite inviter à participer aux trois tables rondes et rencontres de l’après-midi et à la soirée de clôture pour lesquelles il établit les thèmes. J’ajouterai que, cette année, nous avons mis l’accent sur les auteurs de la rentrée août-septembre 2015. Plus de la moitié des soixante auteurs ont publié à cette période. Parmi nos invités figurent de nombreux candidats aux prestigieux prix littéraires qui seront annoncés en novembre et décembre. Nous sommes ainsi au cœur de l’actualité littéraire".

 

H-I : Y-a-t-il un ou une auteur(-e) que vous rêveriez d’inviter ?

B-O : "Aaah, il y en a plusieurs ! Pour ne citer que deux d’entre eux, je dirais Jean-Christophe Ruffin et Annie Ernaux. Mais je ne désespère pas de les recevoir un jour… !"


Pauline Bréhat                                                                                                                                                   27/10/2015