Brèves de Paroles...

Du dynamisme et des records :

Certains des artistes présents au festival cette année ont été particulièrement actifs :

-Bernard Vercier a mis en scène « Dramuscules » (lecture), « L'exaspération du Prince » (pièce), « Le terrier/Quatre lettres en somme » (lecture) et participé en tant que comédien aux deux lectures.

-Lorena Felei a mis en scène « Georges Sand-morceaux choisis » (qu'elle a également interprété), « »Parles-moi d'amour » et « L'exaspération du Prince ».

-Matthieu Hiébel a chaussé une triple casquette : régisseur du festival (avec Sylvain Legendre), auteur-compositeur-interprète lors de la carte blanche à La Taberna et choriste ténor dans l'ensemble vocal Vox Note de l'école de musique Erik Satie.

-Marine Gérard a chanté un répertoire de musique sacrée avec le choeur havrais Alkémia et joué dans la pièce « L'exaspération du Prince ».

-Christophe Scrève a chanté Gainsbourg lors de l'apéritif concert « Voyage en Gainsburie » et joué dans le trio Neutrométro faisant danser les amateurs de tango.


-L'école de musique Erik Satie a cette année encore répondu à l'appel du festival avec plusieurs prestations : classes d'instruments et de chant lors de la soirée Afro-Celte avec Pape et Alice Cissokho ; fanfare Satie's Faction et son spectacle «Terminus Transylvania » et animation sur le marché ;  le professeur de violon Pauline Denize a montré que le violon n'était pas son seul talent en chantant dans l'excellent concert littéraire « Affaires imaginaires, promenade avec Kafka » ; le professeur de batterie Marc Pierre Dit Hubert a accompagné sur un titre Matthieu Hiébel au cajon de manière imprévue et bien amicale.

-Le duo musical Yvan et Guy a animé les rues de Honfleur samedi matin présageant d'un excellent événement de clôture du dimanche. Les musiciens reprennent des compositions d'artistes humoristiques tels que Oldelaf, Les Joyeux Urbains ou encore les Wriggles. Un spectacle déjanté, provocateur, cynique, noir ou tendre mais follement drôle !


Des jeunes, de la peinture et des bénévoles

-Les jeunes de Honfleur ont activement participé à cette 9ème édition : animation dans les rues avec les Brigades d'Interventions Poétiques, des poésies mises en scène par 4 classes d'Equemauville, Ablon, Honfleur à la médiathèque ; théâtre musical, marionnettes, musique dans des séances réservées aux scolaires ; participation des lycéens avec des lectures de lettres en préambule de la pièce « Journal/S ».


-La peinture fut également au rendez-vous avec la présence d'Yves Riguidel, artiste plasticien, qui a croqué les artistes sur scène dans l'instantané et de Ludwig Pigeat qui a également exposé ses nouveaux dessins d'inspiration BD et manga.


-Sur une idée de Vanessa Simon-Catelin, des portraits des bénévoles offerts par la photographe Gaëlle Schuster furent exposés dans le petit Grenier à Sel, rendant un bel hommage à la cheville ouvrière du festival. Plus nombreux chaque année, ils oeuvrent au bon déroulement de la manifestation : de l'accueil à la billetterie, en passant par les repas et l'hébergement des artistes, ils ne s'arrêtent que lorsque le festival a refermé ses portes. Une vraie dévotion dans une ambiance joyeuse et conviviale pour le plaisir du public et le leur...!

En attendant les 10 ans !...


P.B.


« Quelle vie !... » Quel spectacle !

Voilà une prestation qu'il ne fallait pas manquer ! La Cie Frappe-Tête, venue de Caen, combine les arts : musique, chant, comédie, humour et textes percutants. A tout cela, il conviendrait d'ajouter le talent : aucun problème, il est présent !
Dans « Quelle vie ! Les doigts dans l'fût ! », Elodie Foubert, Pauline Madeline et Guillaume Hermange proposent une véritable radiographie de la société et de ses travers. Si le spectacle tourne depuis 2013, il suffit de n'y glisser que quelques points d'actualité pour constater, amèrement, que le propos demeure, tout comme les combats.
Mais point de tristesse bien au contraire ! Dans une mise en scène fluide, proche du public, le trio associe rire et réflexion. Une belle façon de bousculer et d'éveiller...
La Cie Frappe-Tête sera en résidence au Batolune à Honfleur au mois de novembre pour une création intitulée « Domino rouge ». Celle-ci sera présentée lors du prochain festival Paroles Paroles. Une excellente occasion de faire un peu plus connaissance avec ces artistes talentueux et remplis d'énergie.

Pauline Bréhat

Un heureux « Voyage en Gainsburie »

Au cours du dernier week-end de manifestations, le festival Paroles Paroles a offert un apéritif musical de qualité qui a charmé l'auditoire.
Quel plaisir en effet de réécouter une (petite) partie des œuvres de Serge Gainsbourg, reprises de fort belle manière de surcroît ! Le trio lexovien composé de Lou, Frédo et Kriss (scène semi-professionnelle) a proposé un spectacle original autour des textes de cet artiste qu'ils apprécient tous les trois.
« Nous avons fait un énorme debriefing pour répertorier ce qui nous tentait dans ce que Serge Gainsbourg a écrit pour lui-même et pour tant d'autres », explique Christophe Scrève (clavier, chant et arrangements). « Nous avons opté pour le côté poétique et sérieux, en essayant d'entrer dans l'aspect psychologique assez torturé et ambivalent du personnage. »
La bonne idée du trio est de faire participer le public. Le concert est en effet divisé en plusieurs séquences de diptyques de chansons qui ont un point commun ; aux spectateurs de trouver le thème qui les réunit : la musique, la danse, l'homme, la femme ou encore l'amour.
L'on passe un vrai bon moment à écouter en solo, duo ou trio, Marie-Laure Batigne (chant), Frédéric Guet (batterie, chant) et Christophe Scrève qui signent de formidables arrangements, certains tendant vers le jazz, d'autres vers le rock comme « Poupée de cire, poupée de son » ou « Comment te dire adieu ». L'on découvre parfois un titre, l'on en reconnaît d'autres, fredonnés avec le groupe qui a eu la bonne idée de ne pas imiter mais de réinterpréter.
Un spectacle, qui au fil des représentations, ne manquera pas de se dynamiser plus encore avec la complicité du public.
« Voyage en Gainsburie » à découvrir le 20 avril chez les « Soeurs Pinard » (4 avenue Ste-Thérèse à Lisieux) ainsi qu'en septembre à La Double Croche ( 63 Avenue du Général Leclerc à Lisieux)

Pauline Bréhat


« L'exaspération du Prince » : un ambitieux projet réussi...

Un auteur honfleurais et son texte, deux compagnies et deux metteurs en scène réunis, des comédiens amateurs et des répétitions sous forme de stage, enfin une représentation théâtrale dans le cadre du festival Paroles Paroles : tel était le projet de l'association des Z'Ateliers de la Tête de Bois ;  un vrai défi pour une première création amateur.

Débutés en novembre 2016 pour se terminer avec la répétition générale du 21 mars 17, cinq week-ends de travail ont été organisés par les metteurs en scène et l'auteur.
Lorena Felei et Bernard Vercier, dirigeant respectivement la Compagnie du Souffle 14 (Honfleur) et Accord Tacite (Le Havre), ont conjointement mis leurs talents au service du texte original de Léon Louis Véga et des comédiens amateurs. Un homme et dix femmes ont répondu à la demande de total investissement. Patrick Lecerf, qui incarne admirablement le Prince, fait partie du Souffle 14 ; quelques-unes des comédiennes sont issues des deux compagnies réunies et certaines étaient complètement néophytes. Bien leur en a pris de tenter l'aventure car le résultat s'est avéré remarquable. Apparemment très à l'aise sur scène, ils ont été largement soutenus par un texte brillant et une mise en scène intelligente (et inversement!).
Dans cette dernière, le choeur électronique est composé d'écrans et d'images d'actualité du jour, de l'année ou d'années antérieures, d'images ou vidéos des journalistes, du Prince et de sa muse Cherry. Lors de cette conférence de presse, le Prince se déplace, dans les allées ou sur scène, suivi par les photographes, cameramen, reporters. Grâce au dispositif scénique contrôlé par l'auteur en personne, ces déplacements ne gênent en rien le spectateur. Il continue de suivre l'interview sur grand écran, « comme à la télé », tandis que le Prince dénonce le rôle insidieux des médias, reprochant à tout un chacun de rester « vissé aux écrans alimentés en illusions » et de vouloir recevoir sa « douche d'information quotidienne qui le lave de sa sensibilité »...

La réflexion politico-philosophique du Prince
Ainsi, cette création ambitieuse dans la forme ne l'est pas moins dans le fond. En effet, l'auteur et cinéaste honfleurais, Léon Louis Véga signe un opuscule engagé, pointu, lucide et dense. Les sujets existentiels qui façonnent notre société et les questionnements qu'ils ne manquent pas de provoquer sont pléthore dans la pièce.
Dès les premières interrogations journalistiques, le spectateur est intellectuellement sollicité. Il est conduit vers une inévitable réflexion qui peut le surprendre, l'éveiller ou le conforter dans sa façon d'envisager l'actuelle société, selon son champ cognitif et son degré de conscience.
Écrite en 1992, à l'époque excitante où l'ordinateur devenait accessible à tous, la pièce n'a quasiment pas subi de transformations textuelles poussant l'auteur a faire le constat amer que rien n'a vraiment changé. Les interpellations à l'adresse du Prince font écho à notre actualité et renvoient  à cette impression que, néanmoins, les consciences ont tendance à s'éveiller lentement.
A toutes les questions pratiques qu'on lui pose, le Prince répond comme un philosophe qu'il s'agisse d'économie, d'emploi, d'immigration ou d'éducation. L'autorité formelle qu'il représente « est en guerre contre la réalité ». Ses réponses n'ont rien à voir avec celles de nos hommes politiques maîtres ès manipulation. Le Prince, lui, propose, donne des orientations, des pistes, invite à se recentrer, renvoie à ce qui est humain « Nous devons remonter à notre propre source, retrouver au sein de nous le sens de la vie. Acceptez votre petitesse, votre superficialité, menez cette guerre contre vos préjugés. Soyez ignorants et tolérants des autres, soyez savants de vous-mêmes. ».
Pour l'auteur, Léon Louis Véga, « le langage, la technique, la technologie sont des béquilles dont nous avons besoin pour être au niveau de la nature qui, elle, n'a pas besoin de nous. Nous devrions essayer de voir le monde philosophiquement,dans tous les domaines. Je pense qu'il existe un grand combat que les hommes ne mènent pas qui est de savoir  comment être vivant ? Comment être BIEN vivant ? »

Une trilogie
Si le Prince et les journalistes occupent des rôles essentiels, le personnage muet de Cherry n'en est pas moins important. Muse du Prince, elle le soutient, l'accompagne, le réconforte, lui donne confiance. Elle est le contrepoint humoristique permettant une distance par rapport au propos substantiel. Qui est-elle? A-t-elle un rôle à jouer auprès du Prince ?
Des questions qui trouveront peut-être une réponse dans le deuxième opus que l'on retrouvera donc avec intérêt dans le programme du prochain festival.  Déjà rédigé par Léon Louis Véga, « Latex burqa » aura le même dispositif mais c'est la femme qui, cette fois, prendra la parole. Ce deuxième volet sera lui-même suivi du dernier acte « Eden 2.0 », en cours de rédaction. L'auteur nous engagera à réfléchir de nouveau à une vision de notre futur avec cette proposition : « et si tout allait bien ! ». Un réjouissant programme à méditer...

Pauline Bréhat                                                                                                        03/04/2017


Karine Helbert, musicienne compositeur

La pièce de théâtre « Journal/S » de Joanne Génini, jouée jeudi soir au Grenier à Sel, était accompagnée musicalement par les créations de Karinn Helbert musicienne et compositeur caennaise.
La metteure en scène apprécie le travail de l'artiste et la façon dont elle compose, aux plus proche des comédiens. Il était important que la musique soit créée par une femme pour faire surgir un côté plus féminin. « Aux inquiétants sons de guerre, j'ai souhaité y ajouter des fleurs de vie avec la musicalité du piano », explique Karinn Helbert. « Il fallait que la musique puisse passer au-dessus des sons de bombardements et qu'elle traduise la bienveillance de ces trois jeunes femmes. »
Karinn Helbert a la particularité de travailler en temps réel, en répétition. Elle a ainsi rejoint les comédiennes deux mois avant la première, tandis que la metteure en scène avait déjà posé les plages musicales. « Je les écoutais travailler et composais ; un travail en dentelle derrière leur texte, pour être au plus juste de la direction de mise en scène. Petite spécificité, j'ai accordé des cordes pour qu'elles reproduisent le son des sirènes. » précise la musicienne. Elle a beaucoup composé pour le théâtre et poursuit toujours avec bonheur même si les budgets - de plus en plus restreints - de la culture conduisent les compagnies à faire des économies, se passant de certaines professions comme les maquilleuses ou les compositeurs.
Autre particularité, Karinn Helbert fait partie du cercle restreint des cristallistes. Ils sont en effet une dizaine dans le monde à jouer du cristal Baschet, instrument féerique, méconnu. Fait de verre et d'eau, avec un son caractéristique entre l'orgue et le violoncelle, il fait surgir des vibrations traversant l'auditeur étonné et apaisé, une détente qui confère un véritable bien-être.
Les compositions de Karinn Helbert sont à découvrir au cours de ses nombreux concerts sous forme de différentes prestations : cristal et poésie, lecture, chants soufis, ou autres concerts événements.

http://www.karinnhelbert.fr/karinnhelbert.fr/Karinn_Helbert.html


Pauline Bréhat


« Journal/S » : la victoire de la transmission

Derrière ce titre quelque peu énigmatique, se cache l'histoire de la pièce de théâtre « Journal/S » qui a bien failli ne pas être jouée.
Le point de départ est l'envie de la metteure en scène Joanne Génini de faire se rencontrer trois jeunes filles juives qui écrivent leur journal intime entre 1941 et 1944. Celles-ci ont en commun des passions, des combats, des désirs, dont l'écriture, l'amour de la vie et un indestructible espoir.
Après avoir lu leurs journaux, Joanne Génini s'est rendu compte de la résonance que ces textes pouvaient exercer encore aujourd'hui. Elle a donc rédigé cette pièce en conservant les écrits d'Anne Franck, d'Etty Hillesum et Hélène Berr, en y ajoutant des liens, en aménageant la syntaxe pour que des dialogues puissent exister.
Après deux ans de travail, des rendez-vous réguliers avec les comédiennes Myriam Lotton, Adélaïde Langlois et Amandine Plessis, puis deux semaines de résidence au lycée Albert Sorel à Honfleur, la metteure en scène a eu la mauvaise surprise d'apprendre que les droits d'exploitation du texte d'Hélène Berr lui étaient refusés par la famille, sans réelles explications. Deux ans d'investissement anéantis trois semaines avant la première ? « Sur le moment j'étais effondrée » confie Joanne Génini. « Mais dès le lendemain, je me suis mise à écrire car il était inenvisageable d'arrêter. J'ai conservé la trame des éléments du vécu d'Hélène Berr, puis le personnage d'Annie Blum, s'est imposé à moi. Un personnage de fiction avec une histoire réelle. »
Un coup dur qui fut aussi un cadeau pour la metteure en scène dont l'histoire familiale a procuré suffisamment d'éléments pour inspirer ce nouveau personnage. « J'ai fait le deuil d'Hélène Berr mais elle m'a inspirée. Et par mon vécu, j'avais tout pour prendre le relais. »

Un défi relevé

Si Joanne Génini a fourni un gros travail, il en est une autre qui a relevé le défi avec brio : Adélaïde Langlois a dû abandonner le personnage d'Hélène Berr, se glisser dans la peau de la parisienne Annie Blum et surtout apprendre un nouveau texte en quelques jours. « On ne pouvait pas tout arrêter après tant de travail. Je n'ai pas réfléchi et me suis dit « on reste ensemble et on y va ! ».
Le résultat est à la hauteur du travail fourni : un moment fort, puissant, émouvant avec des comédiennes excellentes, particulièrement Myriam Lotton, inspirée.
La transmission s'effectuera donc permettant aux jeunes de trouver dans ces textes un écho à leur combats d'aujourd'hui, pas si éloignés, et de vivre en conservant et en portant leur espoir d'un monde meilleur.


Pauline Bréhat


PAROLES PAROLES : DES LYCÉENS INVESTIS

Pour la première fois une « soirée des lycéens » était organisée dans Paroles Paroles afin de poursuivre la démarche du festival d'ouvrir plus grandes encore les portes de la culture à la jeunesse. Quel meilleur moyen que de faire participer ces jeunes ?
La pièce de Joanne Génini basée sur les journaux intimes de trois jeunes filles -Anne Franck, Etty Hillesum et un personnage de fiction Annie Blum – a été montée au lycée A.Sorel de Honfleur grâce à la rencontre entre Isabelle Taillandier, professeur de lettres, et la directrice de la compagnie caennaise Tout Public Théâtre.
Pendant les deux semaines de résidence (en novembre 16 et février 17), la metteure en scène, les trois comédiennes et la compositrice ont construit, répété la pièce et partagé leur travail de création avec les élèves du lycée A.Sorel, terminales et premières S notamment. Des ateliers d'improvisation ont été proposés autour des sujets abordés dans la pièce, mettant en exergue les passions, les désirs, les combats, les révoltes adolescentes.
A partir de ce travail théâtral très suivi, Isabelle Taillandier a eu l'idée de récolter des textes ou poèmes  en concordance avec ces thèmes et de les réexploiter. L'originalité de l'exercice tient dans le fait qu'ils ont été écrits cette année par des lycéens de 1ère pour des devoirs de préparation au baccalauréat.
Ainsi, jeudi soir, en ouverture de « Journal/S », 8 lycéens et une lycéenne de terminale du Lycée Albert Sorel et leur professeur sont intervenus sur scène en lisant des écrits matures, souvent poignants d'élèves âgés de 15 à 17 ans. « Quand des jeunes de 2017 rencontrent des jeunes d'autrefois, à travers la littérature-, on s'aperçoit qu'ils ont les mêmes combats » a fait observer Isabelle Taillandier. Qu'ils abordent le racisme, l'homophobie, les migrants, l'amour ou le vivre ensemble, les phrases écrites et prononcées avec sobriété démontrent que les jeunes, déjà acteurs de l'existence de demain, sont sensibles à la souffrance du monde, sont ouverts et décidés à combattre pour vivre dans un monde de paix.
Un très beau travail en prolongement de celui effectué avec la compagnie Tout Public Théâtre.
Il est à noter que la pièce « Journal/S » de Joanne Génini a été inscrite dans la liste des textes du baccalauréat de deux classes de 1ères S.

Pauline Bréhat


PROGRAMME DU VENDREDI 24/03/17

A HONFLEUR
PETIT GRENIER spectacle jeunesse, durée 1h
Séances réservées aux scolaires
9h15, 10h45, 14h15
Théâtre musical : « Petits salons de lecture » Cie M'O Musique et Oralité (Caen), scène professionnelle
Jeu et mise en scène: Cécile Blaizot-Genvrin, Elodie Fourré
Bricoleuses d'histoires et de chansons, Elodie et Cécile offrent un spectacle où livres illustrés, poèmes contemporains et chansons montent dans le même bateau pour éveiller la curiosité des spectateurs de tous poils. Du grand plaisir pour les yeux et les oreilles !
Séance tout public : samedi 25/03/ à 11h30, tarif unique 5€ ; adhérent association Cascade 4€
19h – GRAND GRENIER - Public à partir de 15ans, gratuit, durée 30mn

Théâtre : « L'Exaspération du Prince » Cie Les Z'Ateliers de la Tête de Bois (Honfleur) scène amateur
Texte de Léon Louis Véga
Mise en scène : Lorena Felei, Bernard Vercier, Léon Louis Véga
Distribution : Jocelyne Aucher, Servanne Avezard, Yvonne Brière, Agnès Buhot, Marine Gérard, Louise Guesnet, Elodie Jeanne-Dit-Fouque, Patrick Lecerf, Jocelyne Leroy, Sabine Rault, Marianne Reiner.
Le royaume a été décapité. On attend une succession, un leader. Le Prince est le seul à pouvoir répondre aux multiples questions qui agitent les temps obscurs. Accompagné de sa mystérieuse muse Cherry, il déambule sous le feu des interpellations journalistiques. Un vide idéologique laisse le royaume sans tête pensante...Et si la voie était ailleurs ? Un propos d'actualité : notre avenir politique ! Ça promet...
Deux compagnies fidèles au festivale, Souffle 14 (Honfleur) et Accord Tacite (Le Havre) ont rencontré l'auteur honfleurais Léon Louis Vega. La pièce a été créée et montée avec comédiennes et comédien amateur, sous forme de stage soutenu par le festival et les Z'Ateliers de la Tête de Bois.


19h30 -GRAND GRENIER – gratuit, jusqu'à minuit

Carte blanche à La Taberna : l'équipe du bar à tapas promet une soirée musicale festive. Cocjtails, cactus, sombreros, dans un décor mexicain, la soirée sera chaude !...


A ÉQUEMAUVILLE

20h – SALLE H.JEANSON – spectacle familial, gratuit, durée 30 à 50mn
Théâtre : « Jardinière des balcons, dresseuse de bêtes sauvages et autres petites bestioles », Cie Jardinière des Balcons (Rouen) scène professionnelle.

Jeu et mise en scène : Rose-Marie Arrivé
Lors d'une expédition, Rose a capturé des spécimens de Cepaea Hortensis, communément appelés escargots de jardin. Pour le plus grand plaisir des petits et des grands, Jardinière des Balcons, grande amie du festival, revient avec un tout nouveau spectacle clownesque : un numéro de dressage de la faune sauvage locale !


21h15 – SALLE H.JEANSON – adolescents, adultes, 7€ et 5€, durée 50mn

Théâtre : « Contre les bêtes », Cie Ephéméride (Val-de-Reuil), scène professionnelle
Texte : Jacques Rebotier
Mise en scène Patrick Verschueren
Distribution : Arno Feffer
Un homme s'adresse à une enfant qui lui demande comment éliminer de la surface de la ter tous les animaux qui s'avèrent inutiles et encombrants. Il interpelle alors toutes les espèces animales, des plus communes à celles qui sont traquées et menacées d'extinction, leur rappelant la supériorité de « l'omme »(sic) et le danger de la biodiversité.
Une pièce drôle et inventive, qui avec l'humour et l'art propose le point de vue d' « omme» humain pour nous tendre un miroir effrayant.


Standing ovation pour Satie's Faction !

« On a adoré le spectacle ! », « C'était très drôle », « Ils ont fait un sacré boulot ! », « Super ! On a passé une très bonne soirée » : tels étaient les commentaires unanimes, mardi soir,  à la sortie des Greniers à Sel pleins à craquer. Il faut dire que la fanfare Satie's Faction de l'école municipale de musique Erik Satie a superbement œuvré pour que l'ouverture de Paroles Paroles à Honfleur (après Équemauville) s'identifie à un festival de rires, de joie, de bonne humeur !
Dirigée par le professeur de trompette Laurent Lengin, la dynamique fanfare est composée de musiciens de Honfleur, accompagnés de musiciens de Sotteville-Lès-Rouen avec qui un échange musical est réalisé depuis plusieurs années.
Les honfleurais ont pris l'habitude de voir Saties' Faction déambuler dans les rues et animer des événements de la vie locale ; voir l'ensemble sur scène est apparu comme une curiosité. Lors de la présentation, Vanessa Simon-Catelin a expliqué ainsi l'envie du groupe de lancer ce défi « après avoir vu l'an dernier toute la logistique, ils se sont dit « pourquoi pas nous ?  Pourquoi ne pas monter sur scène à notre tour ? » Et nous leur avons fait confiance... ».

Musique et humour

Sélectionné pour animer un grand bal en Transylvanie, l'ensemble Satie's Faction décide de s'y rendre par bateau de croisière. Le public assiste au voyage ponctué de nombreuses péripéties, de sketches, de danse, de magie, de numéros réalisés en solo, duo ou plus ; il subit avec la fanfare une énorme tempête et un sauvetage épiques et se retrouve sur la pelouse du château d'un hôte inquiétant, le comte Dracoule ! Des vidéos, tournées par les protagonistes illustrent une trame bien ficelée ajoutant l'hilarité à l'humour potache. Le tout bien évidemment agrémenté de nombreux morceaux musicaux variés.
Si Laurent Lengin a écrit la plus grosse partie de ce spectacle vampiresque, la troupe entière a participé, mettant un point d'honneur à tout réaliser de A à Z : textes, choix musicaux, décors, costumes, chorégraphies, tournage et montage des vidéos, et même l'affiche du spectacle. Saluons le gros travail effectué, exigeant de nombreuses heures de répétition mais procurant un maximum de plaisir partagé.
Un tel investissement mériterait que Satie's Faction se produise sur d'autres scènes...

Pauline Bréhat


« Alkémia » megaloprepis !

En grec « alkémia » signifie « alchimie » et « megaloprepis » « magnifique » ; un adjectif en parfait accord avec la prestation offerte par le choeur havrais « Alkémia ».
La musique tient une grande place dans le festival Paroles Paroles. C'est par elle qu'il est possible de toucher un large éventail de personnes qui auront alors l'opportunité de s'ouvrir à d'autres arts.
L'ensemble vocal mixte Alkémia a souhaité se spécialiser dans la musique sacrée ancienne (période Renaissance et Baroque) puis contemporaine ; une spécialisation qui peut susciter bien des a priori.
La curiosité n'étant pas un vilain défaut, les auditeurs néophytes peuvent désormais témoigner que la musique sacrée n'a rien d'ennuyeux !
Dimanche, sous le toit de verre de la petite salle attenante à la salle Carnot, les voix harmonieuses des 11 choristes (3 basses, 3 ténors, 3 alti et 2 sopranos) ont véritablement envoûté le public qui aurait volontiers prolongé ce moment de grâce avec les artistes ; ces derniers faisant montre d'une technique remarquable dans des œuvres difficiles.

 

Un savant dosage
La chef de chœur Thérèse Louvet a su choisir des œuvres de grands noms de la musique ancienne les associant à des compositeurs contemporains qui se distinguent tout autant par la qualité exceptionnelle de leurs pièces : « La passion selon St-Jean » d'Heinrich Schütz (1585-1672), « Credo (Crucifixus) » d'Antonio Lotti (1667-1740), « Missa tempore quadragesimae » de Michael Haydn (1737-1806), « Hymn to Virgin » de Benjamin Britten (1913-1976), « Soneto de la noce-Nocturnes » de Morten Lauridsen (1943-), « Te lucis ante terminum » de J.Aaron Mc Dermid (1974-).
Pour certaines œuvres le nécessitant, le chœur, qui chante habituellement a cappella, était accompagné par l'organiste havrais Pascal Estrier.

10 bougies d’anniversaire !
Professeur de hautbois au conservatoire A.Honegger du Havre, Thérèse Louvet a auparavant enseigné au conservatoire national de région de Caen et a fait partie de l'Orchestre de Caen comme hautboïste et cor solo. «  J'ai commencé comme choriste à l'âge de 15 ans. Le chant a toujours fait partie de ma vie. En 2005, j'ai succédé à ma chef de choeur de l'ensemble féminin Les Petites Voix, et en 2007 ce fut Alkémia. Je suis dans la transmission de par mon métier et la direction de choeur est venue naturellement. »
L'ensemble vocal prépare une tournée d'été en Belgique, au Luxembourg et en Allemagne. Un concert sera donné auparavant à la Maison de l'Armateur au Havre le samedi 1er avril dans le cadre de la fête du chant choral Les Enchant'Heures. Puis c'est en octobre que l'ensemble Alkémia fêtera ses dix ans avec Thérèse Louvet à la direction. Pour célébrer dignement cet événement, le choeur enregistrera un cd et donnera un concert au mois d'octobre 17.

http://alkemia76.e-monsite.com/

Pauline Bréhat


INITIATION AU TANGO....

L'association Port Tango Le Havre a proposé ce mercredi dans le petit grenier à sel, dans le cadre du festival Paroles Paroles, une initiation au tango. Cette bande de passionnés a le cœur à la danse et au partage et offre à tous les curieux un temps de découverte avant la milonga du dimanche 26 mars.
Les honfleurais sont venus sans hésiter découvrir et se frotter à ce bijou de la culture argentine ! C'est cadeau et c'est ¡Tango !

Dimanche 26/03/17 : Petit Grenier à 12h : Concert Neurométro et bal tango


UNE INAUGURATION EN FANFARE !

Pour inaugurer officiellement la 9è édition du festival Paroles Paroles, la directrice artistique Vanessa Simon-Catelin et son équipe ont souhaité mettre en avant les artistes amateurs et choisi

Équemauville pour débuter ce joyeux week-end.

 

Du théâtre, des lectures et du chant

 

Vendredi soir, la compagnie Les Mondaines Méchantes, section amateur de la compagnie du Souffle 14 dirigée par Lorena Felei, a donc ouvert le bal. Cette dernière a mis en scène « Parlez-moi d'amour », treize tableaux extraits de textes tirés d'un répertoire varié : G.Courteline, G.Feydeau, côtoient M.Aymé, J.Prévert, Guy Bedos, Gildas Bourdet et même une version volontairement kitsch de « Songe d'une nuit d'été » qui ferait perdre son anglais à W.Shakespeare ! Une déclinaison de l'amour illustrant ce qu'il peut avoir de drôle, de pathétique, de fou ou d'absurde ; tout une palette de sentiments et d'émotions que les quatre comédiennes et les deux comédiens ont interprétée avec aisance et enthousiasme.

 

Le programme chargé du samedi a débuté, salle Carnot, avec un moment de grâce : le choeur Alkémia, venu du Havre, a charmé le public avec un concert de musique sacrée de haute qualité. Une jolie rencontre dont nous reparlerons dans un prochain article.

A 18h dans la salle Chocolat de l'école maternelle d'Équemauville, la compagnie honfleuraise A travers le Miroir, a proposé trois textes de Thomas Bernhard « Un mort- Le mois de Marie- Match » dans une lecture à quatre voix intitulée « Dramuscules ». Le sujet dérangeant de l'héritage nazi, qui donne encore aujourd'hui des signes d'activité, ne pose cependant pas une chape de plomb sur le spectateur grâce à l'humour certes féroce mais salvateur du texte ainsi qu'au talent des trois lectrices et du lecteur. Une lecture, une diction, une interprétation, une mise en scène parfaites chassent les a priori d'une séance ennuyeuse. Bien au contraire, l'on ne décroche pas du début à la fin et l'on écouterait volontiers un quatrième voire un cinquième texte !...

 

 

Des discours, de la musique, de la joie

 

Après les lectures apéritives, le public s'est rendu au réfectoire de l'école où l'a accueilli en musique la fanfare Satie's Faction, de l'École Municipale de Musique Erik Satie. Quelques morceaux festifs ont encore fait monter d'un cran l'ambiance de bonne humeur régnante. Les discours des personnalités invitées ont été non seulement concis mais également chaleureux à l'image du festival. Tous ont exprimé leur satisfaction d'apporter, cette année encore, leur plus vif soutien. 

Michel Bailleul, maire d'Équemauville, a réaffirmé l'objectif de la municipalité de promouvoir la culture et s'est réjoui « d'être toujours activement impliqué dans ce moment attendu et incontournable ». Le maire de Honfleur, Michel Lamarre a souligné que « l'on n'a jamais eu autant besoin de la culture. Je pense que les arts et la culture sont les plus importants dans la vie, alors merci à l'équipe du festival et aux artistes amateurs ou professionnels. » Véronique Coutelle, directrice de l'école primaire et adjointe à la culture d'Équemauville, a également exprimé « la joie de partager une belle aventure avec deux associations, deux municipalités et une équipe au service de la culture ; une culture exigeante et à la portée du plus grand nombre. » Des propos approuvés par l'ajointe à la culture de la mairie de Honfleur, Nathalie Oléon-Papin qui a rappelé la complémentarité des deux municipalités.

L'idée initiale du festival était de faire vivre la langue française et l'art de la parole, l'objectif n'a pas dévié et les neuf années de son existence ont permis de rendre la culture un peu plus proche. « L'équipe du festival a à cœur de transmettre la culture des mots, des idées, des combats, des bonheurs partagés à tous les publics mais à la jeunesse particulièrement », a conclu Vanessa Simon-Catelin. « Nous avons à cœur de faire vivre l'art et de porter la parole des artistes au devant de la scène car ils sont, pour une société d'hommes, la conscience d'un monde multiple et métissé. Ils dénoncent, racontent, inventent des mondes dans lesquels nous nous sentons capables de vivre ; ils sont l'éveil de notre conscience. »

 

Un buffet, du partage et encore du théâtre !

 

Après ce moment officiel néanmoins simple et amical, tous ont été conviés à partager cocktail et buffet préparé par le personnel de l'école.

La journée s'est achevée par la représentation de la pièce « Abel et Bela » dans la salle Henri Jeanson.

La compagnie Théâtre de l'Acte n'est pas inconnue aux festivaliers. Cette scène amateur de St-Lô revient avec le texte de Roger Pinget « Abel et Bela » dans une mise en scène de Françoise Hamard. La pièce a été montée l'an dernier et jouée pour la première fois à St-Lô en septembre 2016. 

Cette comédie met en scène deux complices au chômage se retrouvant sur un plateau de théâtre pour essayer de monter un énième projet. La tentative d'écriture de la pièce est vue à la fois d'un côté pessimiste par Bela et d'un côté optimiste par Abel ; c'est drôle mais au final assez pathétique, frôlant le désespérant. Une réflexion sur le théâtre et le travail de l'écriture formidablement interprétée par Eric Berthelemn et Michel Legendre qui ont fait paraître court le temps : on en redemande !...

 

Dimanche, les comédiens du Théâtre d'En Haut, venus de Rouen, ont offert une pièce drôle et rythmée, bien interprétée, avec dynamisme. Le texte de Markus Köbeli met en scène une famille de paysans, les Holtzer qui survivent difficilement dans leur village des Alpes. Pour gagner de l'argent, ils imaginent offrir un spectacle de « vie typique » aux touristes de passage. Une comédie pas si légère, féroce voire cruelle.

 

C'est la chorale honfleuraise Choeur Accord, dirigée par Christophe Sébire qui a ponctué ce week-end d'inauguration. Habitués du festival, les onze choristes, ont interprété un programme de chansons françaises varié (M.Leforestier, C.Nougaro, S.Gainsbourg ou encore M.Polnareff) bien apprécié par le public présent salle Chocolat.

 

Après la journée de relâche lundi, la semaine s'ouvrira avec les spectacles programmés aux Greniers à Sels.

 

Pauline Bréhat

 

Les élèves des écoles de Honfleur

Au Marché de la Poésie

Regardez, regardez !
Sur la place du marché,
On y voit des enfants
Qui parlent aux passants

Ceux-ci sont étonnés
Mais se laissent approcher
Un peu méfiants et puis
Complètement conquis

Ce sont des écoliers
Qui ont pu s'échapper
Des murs de leurs écoles
Objectif : « Paroles Paroles »

Et comme ils sont heureux,
Timides ou malicieux,
De pouvoir proposer
Ce temps de libertés

Liberté de parler
S'exprimer et bouger
Chanter et déclamer
Offrir et partager

Petit bol de fraîcheur
Entre chaos et peurs
En ces temps de folie
Vive la poésie !

Pauline Bréhat


LORSQUE LA POÉSIE SE PARTAGE...

Le marché de mercredi fut une jolie scène sur laquelle des enfants épanouis -plus qu'à l'accoutumé pour certains-  partagèrent poésie, chant, musique ; des matières souvent jugées superficielles voire inutiles... L'on aimerait inviter ces empêcheurs de se cultiver en rond à observer les résultats hors les murs d'une culture salvatrice. Quelle satisfaction de constater que certains élèves dont le parcours scolaire est un vrai combat, s'investissent dans la mémorisation de poèmes, les récitent devant un public, prennent plaisir à s'intégrer dans le groupe : une petite braise qui ne demande qu'à prendre.
Qu'ils se prénomment Martin, Jean-Christian, Vincent, Misha ou Mattéo, tous ont exprimé leur joie de participer au festival : «  On rend hommage à Jacques Prévert ; on y travaille depuis le mois de décembre » ; « J'aime la chanson et le théâtre » ; « Avec la poésie, je peux m'exprimer, dire ce que je pense » ; « On partage plein de choses » ; « Et en plus, on fait ça entre copains, c'est cool ! »
De grands bravos, donc, aux institutrices, instituteurs et professeurs investis et à tous les enfants, de maternelle jusqu'au lycée, des Brigades d'Intervention Poétique :
4 classes de Caubrière (deux CM2, CM1, CE2 dont certains ont offert une prestation de djembé avec le percussionniste Malek Ouarti), 3 classes de Beaulieu, 1 classe de Claude Monet, la section théâtre du lycée A.Sorel.

A noter que la classe de CM2 d'Ablon et une classe de CM2 de Caubrière ont proposé des « lectures pour enfants pas sages », mercredi après-midi dans l'auditorium de la médiathèque. Deux séances auront encore lieu mercredi 22 mars.

www.paroles-paroles.fr

P.B.


Œil de biche et portraits de star avec Célia et Gaëlle....

Allez, avouez, n'ayez pas peur ! : vous avez déjà rêvé d'un joli portrait rétro avec photo et maquillage professionnels !
Alors réjouissez-vous, le festival Paroles Paroles vous offre l'occasion de concrétiser cette envie avec Célia Turgis-Douguet, relookeuse, et Gaëlle Schuster, photographe !
Ce duo de talent, de charme et de bonne humeur sera présent aux Greniers à Sel vendredi 24 et dimanche 26 mars pour des « portraits années 50 ».

Révéler une beauté
Du plus loin qu'elle s'en souvienne, Célia Turgis-Douguet a toujours nourri une passion pour les Etats-Unis et la mode rétro des années 50 à 70, celle des pin-up, du glamour, de la sophistication.
Dans cet esprit, elle crée en 2010 avec son mari, des gîtes insolites décorés dans le plus pur style rétro des années 50. A Beuzeville, l'Airstream, caravane mythique américaine, importée de Géorgie, connaît un vif succès tout comme les balades en Ford Mustang suggérées par monsieur. Il vient alors l'idée à Célia Turgis-Douguet de proposer une activité un peu plus dédiée aux femmes : le relooking pin-up.
Elle installe chez elle dressing et atelier, et, en autodidacte passionnée, se forme aux techniques de la beauté, à l'art du maquillage.
« J'aime les gens, les rencontres. Les séances de maquillage, moment privilégié, permettent un vrai échange. C'est ce contact intime rempli de douceur et de bienveillance qui me nourrit autant que le plaisir que je procure», confie Célia. Les formules proposées n'intéressent pas seulement les touristes de passage mais également les locaux, qui sont de plus en plus nombreux à offrir ou s'offrir un moment de détente original.
Au-delà du plaisir et de la légèreté de se maquiller, de se déguiser, de se transformer, l'on peut parfois chercher à (re)trouver confiance en soi, s'apercevoir qu'il est possible de masquer ce que l'on considère comme défaut ou simplement se révéler.  Tel est le plaisir de Célia : « j'essaie d'aider les femmes à se sentir belles. C'est « ma réussite » quand elles se découvrent dans le miroir et disent « comme je suis belle en fait », comme si elles en prenaient conscience à ce moment là. C'est toujours émouvant. »
Avec le relooking, Célia Turgis-Douguet associe l'idée d'immortaliser ces moments magiques de la transformation. Par chance, elle a parmi ses amies de longue date, l'artiste qu'elle recherche : une photographe talentueuse, partageant sa passion pour les Etats-Unis et qui, tout en étant professionnelle, ne se prend pas au sérieux ! En 2015, Gaëlle Schuster s'associe à Célia et propose son shooting photo rétro.

Immortaliser son image
Certains donnent l'impression d'être nés avec un pinceau ou un instrument de musique dans les mains ; pour Gaëlle Schuster, c'est un appareil photo.
« Il me semble que j'ai toujours fait de la photo. Mon père, photographe à Honfleur, m'a initiée très jeune. J'avais une fascination pour le développement et l'odeur du fixateur ne m'a jamais quittée. Ce n'est pas un métier mais une passion » s'enthousiasme Gaëlle.
Après quelques années à Paris et un passage dans une école de cinéma « qui m'a fait comprendre que je n'étais pas faite pour ce monde-là ! », elle revient à Honfleur, reprend l'atelier de son père où elle installe sa boutique de cartes postales et souvenirs ainsi que son propre atelier, dans le but de développer son activité photographique. Elle se présente comme photographe itinérante, transportant à domicile son matériel monté comme un vrai studio. « La photographie de studio est devenue ma marque de fabrique. J'aime les portraits et le noir et blanc, le côté un peu mystérieux avec une vraie fascination pour les regards. Je ne demande pas forcément à ce que la personne sourit, on obtient alors des choses très authentiques. »
L'association avec Célia Turgis-Douguet offre un concept différent et l'univers des pin-up séduit autant la pétillante Gaëlle Schuster. « Le côté bonbon acidulé, fun, joyeux de ces femmes émancipées qui commençaient à gagner leur vie et assumaient leur féminité me plaît beaucoup. »
C'est avant tout la relation humaine qui l'intéresse, l'échange qui s'instaure lors des séances photos au cours desquelles elle donne beaucoup d'énergie « la séance est aussi excitante que le résultat ! ».
Donner quelque chose d'intime, se livrer à l'oeil technologique n'est pas toujours aisé, d'autant moins dans ce monde de l'apparence et de l'image à outrance qui correspond à notre époque. Le regard sur soi, en lien avec l'identité physique, renvoie, psychologiquement, à l'estime de soi. Une touche de maquillage, un accessoire proposé par Célia et l'on se sent désinhibé, prêt à se livrer à l'appareil de Gaëlle. Leur complémentarité est poussée jusque dans leur bonne humeur, leurs rires, leur humour qui indéniablement mettent en confiance leurs modèles d'un jour qui retrouvent leur spontanéité.
« Nous aimons vraiment notre activité. Nous sommes bienveillantes, respectueuses et les instants passés sont toujours riches et amusants. »
Pour en être convaincu, venez donc les voir travailler pendant le festival Paroles Paroles (24 et 26 mars) !
Et pour découvrir leur travail et les formules proposées :

Atelier.lefebvre.photographie@orange.fr
fb : https://fr-fr.facebook.com/Gaelle-Schuster-Photographe-itinerante-normandie-

 http://www.gitesinsolitesnormandie
 fb https://fr-fr.facebook.com/celiaglamchic/ )


Pauline Bréhat


George Sand, d'une troublante modernité...

Quelle belle idée que de débuter le festival Paroles Paroles par la pièce proposée par la compagnie du Souffle 14 « George Sand~morceaux choisis » !
Pour achever leur triptyque débuté avec Camille Claudel puis Frida Khalo, Lorena Felei et Filipe Monteiro ont décidé de mettre en relief l'écrivaine George Sand dont le choix de vie et les combats ont une résonance si évidente de nos jours. Trois femmes fortes, trois arts (sculpture, peinture et écriture), trois combats pour les femmes. Il n'y a pas de hasard : la Journée pour les Droits des Femmes a eu lieu ce 8 mars ! Une totale adéquation avec le festival et sa ligne directrice de liberté de penser, d'exercer son art, de vivre tout simplement.
Si pour Camille Claudel et Frida Khalo, les artistes ont souhaité reconstituer l'époque, les lieux, les tenues vestimentaires, il n'en a pas été de même pour George Sand.
« Elle a toujours proposé quelque chose d'essentiel à défendre que l'on retrouve dans les combats d'aujourd'hui. Elle a  vraiment été en avance sur son temps», explique le musicien Filipe Monteiro. « C'est la raison pour laquelle j'ai immédiatement pensé à utiliser la basse électrique pour illustrer la modernité de son propos. Nous avons voulu amplifier sa voix, son texte, son engagement notamment politique. »
Les clichés sont légion lorsque l'on tente de présenter l'écrivaine. La comédienne et metteuse en scène Lorena Felei a puisé les textes lus, récités ou joués sur scène dans « Histoire de ma vie ». George Sand y raconte ce qu'elle a vécu avec un souci du respect de l'intimité de l'autre. En effet, elle ne nomme que rarement les personnes qu'elle a côtoyées. La comédienne a conservé ce parti pris, en intégrant en clin d'oeil dans le décor, deux affiches en lien avec les amants célèbres A.de Musset et F.Chopin.
« Nous avons choisi de parler d'elle différemment de l'image habituellement imposée : celle d'une femme habillée en homme ayant connu de nombreux amants ou amantes » précise Lorena Felei. « Ses engagements, elle les mettait en œuvre dans sa vie quotidienne, ce n'était pas que de simples paroles. Par exemple, elle prônait l'éducation pour tous. Elle a donc appris à lire à tout son personnel. Il y avait une application réelle de ses idées. » D'où l'une de ses citations : « on ne reconnaît pas les gens à ce qu'ils disent mais à ce qu'ils font ».

 

Les combats de George Sand
Née en 1804, Aurore Dupin, de son vrai nom, a mené une vie passionnée et fait de sa propre indépendance -conquise en 1830- le premier de ses combats. C'est la révolution, cette même année,  qui fera émerger sa conscience politique et la mènera à d'autres combats étonnamment d'actualité. Égalité des classes sociales allant même jusqu'au rêve d'une société sans classes, accès de tous à l'éducation, défense des plus modestes, soutien à la condition paysanne, partage des terres, appel à la solidarité, conquête de l'indépendance des femmes, revendication du droit à la passion, rejet des conventions mondaines et des préjugés sociaux : des combats qui amènent à ce constat amer d'une évolution extrêmement lente !
Après un an de travail comprenant la recherche des textes, la composition musicale, la préparation du décor, Lorena Felei et Filipe Monteiro ont achevé la mise en place durant les deux dernières semaines au Batolune ; une résidence soutenue également par les Z'Ateliers de la Tête de Bois.
Une approche originale qui incitera peut-être à (re)découvrir l’œuvre abondante de George Sand.

Vendredi 10 à 20h30 au Batolune
reservation@paroles-paroles.fr

P.B.


Paroles Paroles 2017 : plus que jamais la culture !

A l'heure où tant d'affaires, de tous ordres, polluent la vie, créent des doutes, engendrent l'inquiétude quant à un avenir serein, l'on peut encore se raccrocher à l'espoir que rien n'est perdu tant que des esprits éclairés permettront à la culture de vivre.
Tel est le credo de l'équipe de Paroles Paroles, emmenée par Vanessa Simon-Catelin, directrice artistique, et Valérie Serres, présidente des Z'Ateliers de la Tête de Bois, association qui dirige le festival en collaboration avec « Cascade » présidée par Laurent Rebut.
Paroles Paroles est " LE festival"  citoyen des arts de la parole. Il revendique « une pensée libre dans un monde pluriel et métissé » comme une résistance aux tentatives de division, de cloisonnement, d'enfermement et aux tentations de malmener les libertés.
Du 10 au 26 mars, le programme sera encore riche et éclectique pour tous les curieux, les convaincus, les plus réticents, les habitués et les nouveaux venus qui pendront goût, c'est certain, à ce rendez-vous culturel devenu incontournable au fil des huit années passées.
La culture pour tous et par tous n'est pas ici un vain mot. Professionnels et amateurs se côtoient autour de spectacles proposés à des tarifs attractifs ou, mieux, gratuits. Aucune excuse, donc, pour ne pas se déplacer et se laisser séduire par l'imagination sans limite des créateurs d'arts. La force de la manifestation est d'allier la qualité des représentations à la rencontre en toute simplicité des bénévoles, des artistes et du public. L'implication de tous fait de Paroles Paroles le festival du ressenti, des émotions, des sentiments, de la création, de l'échange, bref, de la vie !

Douze jours de surprises
Ainsi que l'écrit Vanessa Simon-Catelin dans l'édito du programme « rien ne se fait en sourdine, on ose à plein volume ! On crée, on croise les talents, on remodèle la vie à l'infini.»
Pendant douze jours, il y en aura pour tous les goûts au long des 38 spectacles programmés : théâtre, lectures, poésies, musique, chants, danse, marionnettes, initiation au tango, exposition et créations sur place d'aquarelle et pierre noire, relooking et shooting photo. (programme complet tous les jours dans votre journal et sur www.paroles-paroles.fr )
Le festival a pour vocation d'amener les plus jeunes vers la culture et surtout dans les salles de spectacles. Ces derniers, réceptifs et demandeurs, attendent avec impatience ce rendez-vous festif auquel ils participent très volontiers.
Le Printemps des Poètes ( qui a lieu du 4 au 19 mars) se poursuit durant le festival : mercredi 14 mars, avec le Marché de la Poésie et ses populaires Brigades d'Interventions Poétiques ainsi qu'à la médiathèque pour un hommage à Prévert, avec les élèves de primaire.
Les lycéens s'investissent également et proposent une soirée spéciale (jeudi 23) avec une pièce de théâtre « Journal/S » montée en résidence au lycée A.Sorel.
Des jeunes des classes de musique et chant de l'Ecole de Musique Erik Satie participeront à la soirée afro-celte de mercredi 22 mars.
Le constat est réel de l'engouement de la jeunesse honfleuraise ; preuve en est encore avec l'intégration de quelques jeunes dans les rangs des bénévoles : une relève assurée !

Soutenir la création
Lors de la présentation officielle du programme 2017, Valérie Serres a rappelé que « le festival Paroles Paroles ne pourrait continuer d'exister sans le soutien des municipalités d'Equemauville et de Honfleur qui nous font toujours confiance. Nous remercions également les sociétés, commerçants, partenaires privés, tous les généreux donateurs et bien sûr le public de plus en plus nombreux et impliqué. » Le sponsoring permet la gratuité de nombreux spectacles donnant ainsi à Paroles Paroles la légitimité d'affirmer offrir une culture non élitiste.
Le festival entend donner une place privilégiée aux artistes normands et accompagne tous les ans des projets de création. Quatre résidences ont ainsi été montées (jusqu'à cette semaine) par les compagnies suivantes : Tout Public Théâtre (Caen) au lycée Albert Sorel ; Jardinière des Balcons (Rouen) à Honfleur ; Frappe-Tête Théâtre (Caen) au Batolune ; Souffle 14 (Honfleur) au Batolune.
C'est cette dernière qui ouvrira le festival en proposant « George Sand, morceaux choisis » vendredi  10 mars à 20h30 au Batolune (réservation obligatoire : souffle14@orange.fr ).


Paroles Paroles Pratique :
Lieux des spectacles : à Honfleur : Greniers à Sel, Batolune, Médiathèque, Salle Carnot
à Equemauville : Salle Jeanson et Salle Chocolat
Tarif réduit (enfants, étudiants, demandeurs d'emploi, adhérents FNCTA) : 5€ ou pass festival 15€
Tarif plein (18 ans et plus) : 7€ ou pass festival 25€

Réservations possibles par mail : reservation@paroles-paroles.fr
Places à retirer sur place (20mn avant chaque spectacle)
www.paroles-paroles.fr


Pauline Bréhat