À La P’tite Galerie de Honfleur, une exposition en duo, le peintre Philippe Halévy et la sculptrice Valérie Marsiliani-Godefroy…

@Honfleurinfos : Philippe Halévy : Crédit photo : Léa Badrah

L’art est un socle culturel planétaire, sur lequel se posent les sentiments, les ressentis, les expressions et toutes sortes de communication entre les civilisations. L’art est devenu avec le temps un vocabulaire à part entière, servant à faire émerger des disciplines et des activités diverses, aussi bien par l’Homme que par la nature.
 
À La P’tite Galerie de Honfleur, une exposition en duo est en cours jusqu’au 9 juillet 2026, réunissant deux habitués de ce lieu, le peintre Philippe Halévy et la sculptrice modéliste Valérie Marsiliani-Godefroy. Cette exposition, qui a commencé le 19 juin 2026, laisse l’art de ces deux artistes/amis s’exprimer, chacun selon son domaine, mais avec des points en commun : être né dans une famille où l’art avait son importance, avoir hérité une sensibilité artistique, avoir un désir fondamentalement artistique, poétique et imaginaire.
Philippe Halévy : Franco-laotien, normand d’adoption depuis des décennies, c’est un joli mélange de poète, de musicien et de peintre. Un autodidacte à la peinture depuis seulement 2006, après un long parcours professionnel loin des arts. Philippe s’exprime en trois langages artistiques, mais toujours à travers l’imaginaire, particulièrement ses peintures de paysages qui n’existent que dans sa tête.
 Valérie Marsiliani-Godefroy : Issue d’une famille normande depuis 1648, elle est aussi un joli mélange de sensibilité, de sensualité et de fragilité. Elle a appris la sculpture vers les années 2000, pour devenir sculptrice modéliste dans une matière qu’elle a toujours aimé patouiller, l’argile.
 Une exposition, deux artistes, deux interviews accordées à Honfleur Infos, durant lesquelles chacun des deux artistes s’est exprimé sur son art et sur son parcours artistique.
 
HI : Comment cet art est venu à vous ?
Philippe : J’ai toujours vécu dans une atmosphère artistique. J’ai baigné dans l’art, dans la musique et dans l’image, j’ai donc hérité une sensibilité artistique qui était une sensibilité familiale en quelque sorte. En 2006, j’ai décidé de prendre ma retraite par anticipation et de repenser ma vie en création artistique. Alors j’avais le choix entre la poésie, la musique ou la peinture. Finalement je me suis décidé pour la peinture. J’ai commencé à peindre sans aucune formation et sans aucune connaissance technique, à part celle qui sortait de mon intérieur et de ma motivation. Mes premières peintures étaient évidemment très maladroites, très malhabiles, à tel point que mes amis me conseillaient de suivre des formations. Je refusais car je pensais, et je le pense toujours, que ce qu’on trouve par soi-même est plus fort que tout. À partir de là, j’ai beaucoup travaillé, je me suis battu avec de nombreuses toiles dans lesquelles je me suis égaré et combattu avec des échecs monstrueux. 
 
Valérie : L’expression artistique fait partie de ma vie depuis toujours. Quand j’étais petite, j’aimais bien patouiller l’argile. Je pense que c’est la matière qui me plaît le plus, par le toucher, le contact et la maniabilité à l’infini. Je n’aurais pas forcément fait de la sculpture sur bois ou autre matière, car ce n’est pas forcément la sculpture qui m’attire, c’est plutôt la matière, la patouille de la terre. Ce n’est que durant les années 2000 que j’ai commencé à apprendre la sculpture et ses techniques, car pour moi c’est un mode d’expression hyper important. L’être humain est fait pour s’exprimer, quel que soit le canal choisi. Mais ça m’est arrivé aussi dans le passé de faire des sculptures juste pour montrer le mouvement, l’élan et l’esthétique de la matière, sans forcément exprimer quoi que ce soit.
 
HI : Quel est le fil conducteur dans vos œuvres ?

Philippe : Toute personne a une personnalité et dans cette personnalité, il y a forcément quelque chose d’homogène. Quand je démarre ma peinture, je ne sais pas ce que je vais faire, je jette des couleurs et en fonction de ce que je vois, je vais m’orienter. Ça peut aboutir à des figuratifs, à l’abstrait ou à autre chose. Ainsi, la cohérence qui s’opère, c’est simplement une cohérence interne, qui est sans doute le désir en moi d’avoir un équilibre entre les formes, les structures, les couleurs. Ma quête essentielle, c’est l’esthétique et la beauté. Je ne peins que des paysages, il faut que mes paysages soient beaux, même si c’est difficile de définir cette beauté. Mes paysages sont complètement imaginaires, jamais d’après la nature, ni d’après une représentation quelconque. Cela est possible parce que j’ai 82 ans et que ma vie durant j’ai vécu des évènements, j’ai vu des paysages, des couleurs, des lumières, des musiques, des tristesses, des peines et des joies, le tout ressort de ma vie et de mon vécu sous forme de peinture ou de musique ou de poésie, je n’ai plus besoin d’aller puiser à l’extérieur, j’ai tout à l’intérieur de moi dans une sincérité totale.
 
Valérie : Le fil conducteur dans mes œuvres, c’est l’être humain. Je ne sculpte jamais autre chose que l’humain, aussi bien dans son environnement naturel qu’artificiel. J’ai essayé de faire des choses abstraites, mais seulement pour présenter des formes, des mouvements, des transformations de la matière. Dans mes sculptures, je dénonce la bêtise humaine, le comportement des individus dans des situations abjectes, se montrant indifférents, absorbés par le matérialisme et ignorant l’idéalisme. Mes sculptures figuratives sont parfois amovibles, elles peuvent être disposées selon une histoire à raconter, une idée à présenter ou n’importe quelle scène de la vie à montrer.
 
Nos deux artistes croisent leur art le temps d’une exposition, le temps d’une passion et le temps d’une vie, chacun avec une sincérité et une sensibilité profondes, que ce soit Philippe à travers ses 82 ans d’expérience de la vie, ou Valérie sa cadette avec sa fascination pour la terre et la matière, 
 
« Dans l’art, il y a certes de la technique, mais je pense que si au départ tu as un désir fort, mais vraiment fort, sincère et réel, je pense que tu peux tout à fait te lancer et dépasser disons cette incapacité technique que tu as au départ. » Philippe Halévy 
 
« J’ai envie de dire aux gens : prenez le temps d’apprécier l’art, exprimez-vous, prenez un pinceau, un crayon, un bout de papier ou n’importe quoi et libérez votre imagination dans l’art. » Valérie Marsiliani-Godefroy
 
En plus de l’exposition en cours des deux artistes, vous pourrez admirer les dernières créations des 10 associés de la P’tite Galerie :
Léa Badrah, Magalie Boucher Kips, Jocelyne Cognard, Pascal Dalous, Rosette Fabry, Mireille Lancelin, Hervé Marchelidon, Sailev, Erik de Saint Pierre et Jeanne Wallard.
 
Exposition à La P’tite Galerie, au 22 rue des Lingots à Honfleur, du 19 juin au 9 juillet 2026
Tous les jours sauf le mardi : de 11 h à 13 h et de 14 h à 18 h 30
https://www.laptitegalerie.net/
Un nouveau site de vente en ligne des œuvres des associés est désormais disponible :
https://laptitegalerie.sumupstore.com/

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