Encore un instant- Claude Sarraute

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« Plus je vieillis, plus je m’isole, plus ma vie se rétrécit et moins j’ai envie d’y mettre un terme », nous confie Claude Sarraute dans un récit plein de gouaille et d’émotion.
Comme j’ai lu il y a quelques semaines, le livre de Beigbeder « Une Vie sans fin », j’ai été interpellée quand, au détour d’un rayon je suis tombée sur le livre de Claude Sarraute « Encore un instant » paru l’an dernier mais toujours d’actualité.
J’ai adoré cette petite mamie aux cheveux blancs, qui avec son franc-parler, qui donnait la réplique à Laurent Ruquier quand je rentrais du bureau. Pour moi, c’était une journaliste « sérieuse » du journal le Monde (ce journal quotidien que je n’achetais quand j’étais étudiante que le jour du « Monde Littéraire » de toute façon, il me fallait bien tout le reste de la semaine pour en venir à bout…) Et puis pour moi Sarraute c’est un nom qui reste attaché à Nathalie Sarraute que je lisais en terminale (le Planétarium : où est la frontière entre réalité et non réalité, à quel moment la réalité extérieure est-elle passée dans les tropismes). Enfin, bon… Claude est la fille de Nathalie et aussi l’épouse du philosophe Jean François Revel, et je trouvais vraiment marrant de la voir chez Ruquier ou aux Grosses Têtes.
Dans ce treizième ouvrage, Claude Sarraute, nous raconte avec beaucoup d’humour et d’auto dérision ce qu’est sa vie à l’aube de ses quatre-vingt-dix ans. Euh ? Vous dire que ça me fait envie de goûter les difficultés du grand âge avec le ras le bol des douleurs, les angoisses et autres vicissitudes, non, pas vraiment, non…. Mais ce que nous décrit aussi Claude Sarraute c’est cette liberté de l’âge, adieu les dictats et les privations, plus besoin de se soucieux des tabous et des interdits qui encombre l’existence.
Elle s’indigne aussi du sort réservé aux plus âgés, de « cette manière si répandue de nous appeler petites mamies et petits papys, nous, les seniors. Avec une prétendue affection légèrement teintée de condescendance. Comme si, en perdant deux ou trois centimètres avec le grand âge, notre rôle s’était réduit à celui de grands-parents »
Encore un instant- Claude Sarraute- Edts Flammarion

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