J’ai toujours cette musique dans la tête : d’Agnès Martin-Lugand

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Cette musique dans la tête n’est pas ici un air lancinant qui revient de façon inopportune pour nous scier le cerveau après qu’on l’ait entendu sur l’autoradio en partant au bureau ; cette musique-là, bien au contraire est celle qui accorde ensemble deux êtres qui s’aiment de façon fusionnelle, comme Yan et Vera, les héros de l’histoire d’Agnès Martin-Lugand.

Si j’emploie le mot héros, ce n’est pas une image, je l’emploie au sens propre. Ce que traversent Yan et Vera est violent et difficile. Comment une personne néfaste peut s’immiscer, prendre le contrôle d’une vie, manipuler toute une famille et se l’approprier. Tout comme les personnages, le lecteur est séduit, pour un peu il rêverait d’être à leur place et d’avoir, lui-aussi, rencontré cet ami si disponible et si présent.

L’histoire ; Yan et Vera sont heureux, avec leurs deux enfants dans l’appartement que Yan toujours plein d’idées et si habile de ses mains, Yan qui sait tout faire, a restauré et agrandi. Seule ombre au tableau, Yan travaille pour le frère de Véra et celui-ci ne lui laisse pas prendre d’initiative, en un mot ne le laisse pas exprimer sa créativité. Yan rêve de se mettre à son compte et de montrer enfin ce dont il est capable. C’est alors que Tristan entre en scène, il est bluffé par les idées et la personnalité de Yan ; il décide aussitôt de le cautionner pour qu’il réalise son rêve. Mais tout a un prix.

Qui est Agnès Martin-Lugand ? A la base, elle est psychologue ce qui ne m’étonne pas après avoir lu ce livre où les caractères, les réactions, l’alternance des points de vue, le déroulement sont extrêmement justes et bien observés.

Son premier roman ; « les gens heureux lisent et boivent du café » est sorti en auto-édition numérique sur la plateforme Kindle d’Amazon.com en 2012 avant d’être repris chez Michel Lafon en édition papier et traduit en plusieurs langues. Les droits cinématographiques ont été, eux, achetés par un producteur américain, Harvey Weinstein.

Ont suivi : « Entre mes mains le bonheur se faufile » en 2014, puis, « La vie est facile, ne t’inquiète pas », en 2015, «  désolée, je suis attendue » en 2016.

Bien que je ne sois pas fan des titres à rallonge et que même je m’en méfie un peu, j’avais gardé un excellent souvenir de ses romans précédents et c’est avec le même plaisir que j’ai découvert celui-ci. L’écriture est agréable, lumineuse et l’histoire inattendue.

J’ai toujours cette musique dans la tête, d’Agnès Martin-Lugand, aux éditions Michel Lafon.

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