Un vent de colère souffle sur l’hôpital de la Côte Fleurie.

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@Honfleurinfos : La directrice fonctionnelle du CHE Côte Fleurie, Elsa Olivieri, n'a semble-t-il pas convaincu tout le monde.

La cérémonie des vœux du centre hospitalier de la Côte Fleurie s’est très vite transformée en réunion de contestation où la colère et les revendications ont fait place aux discours politiquement corrects des dirigeants. Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblée ce vendredi midi dans le hall de l’hôpital pour exprimer leur crainte quant à l’avenir des services des urgences ainsi que de la cardiologie et à court terme l’avenir même du centre hospitalier.

@Honfleurinfos : Plus d’une centaine de personnes étaient présentes pour manifester leurs inquiétudes.

Pour ce rendez-vous annuel, qu’est la traditionnelle cérémonie des vœux, la direction de l’hôpital de la Côte Fleurie ne s’attendait certainement pas à voir une telle mobilisation. Outre le personnel hospitalier déjà présent sur le site, de nombreux habitants venant des quatre coins du département pour faire entendre leur voix comme les deux comités de défense de l’hôpital, celui de Honfleur et celui de Touques ont exprimés leurs inquiétudes. Comme Edith Goudier une honfleuraise du comité de défense de l’hôpital qui interpelle Bertrand Cazelles directeur général adjoint de l’ARS de Normandie : «Nous souhaitons vraiment que les promesses que vous venez de formuler soit du concret et non pas des paroles afin d’apaiser la colère de la population qui souhaite garder son hôpital de proximité. Nous ne voulons pas que cet hôpital ne devienne un vaste EHPAD qui, on le sait rapporte beaucoup d’argent… »
Des propos repris par le Touquais, Pascal Heudier, du comité de défense de l’hôpital qui lui aussi interpelle les élus et le conseil d’administration de l’hôpital en soulignant : « Nous exigeons que soit respecté notre droit à la santé comme le garanti la constitution avec un service des urgences ouvert 24/24, 7 jours sur 7. Toute l’année. Nous demandons des budgets nécessaires pour le bon fonctionnement du centre hospitalier.»

Le président du conseil de surveillance garde espoir.

De son côté, le maire de Honfleur, Michel Lamarre, président du Conseil de Surveillance de l’hôpital, indique qu’il a reçu, le matin même de cette cérémonie, des garanties de la part du directeur du CHU de Caen ainsi que l’ARS pour le maintien des offres de santé : « Nous avons toujours défendu cet hôpital et croyez-moi, ce n’est pas un long fleuve tranquille. Il y a aujourd’hui des problèmes qui nous dépassent que l’État devra régler. Pour autant, il faut nous battre pour sauver notre hôpital et notamment dans deux secteurs, les urgences et la cardiologie. J’ai donc alerté l’ARS et le directeur du CHU Normandie. L’ARS par la voix de son directeur m’a affirmé, au travers d’un courriel que cet hôpital était indispensable sur ce secteur et qu’il le défendrait jusqu’au bout. Une mission d’évaluation est en cours diligentée par le CHU de Caen. Pour ce qui est de la cardiologie, l’Agence Régionale de Santé s’est engagée à trouver rapidement des solutions pérennes. D’ailleurs dans les prochains jours, le directeur de l’ARS viendra en personne rencontrer les membres du conseil de surveillance. Nous espérons maintenant avoir des réponses concrètes très rapidement sur l’avenir du site de la Côte Fleurie… »
Invité à prendre la parole, le docteur A Kleszcz cardiologue n’y est allé par quatre chemins en mettant directement les pieds dans le plat. « Pourquoi la cardiologie a-t-elle plongée et pourquoi nos cardiologues sont partis ? Tous simplement parce qu’il y a eu une mesure administrative et juridique et le procès aura lieu dans deux ans sur la base de salaires trop élevés et on leur demande de rembourser le soi-disant trop-perçu. Tout le monde, aujourd’hui, reconnaît que c’est une erreur une absurdité, mais voilà la procédure est en cours et semble-t-il on ne peut pas l’arrêter. Personne ne comprend ce qu’il s’est passé. Comment voulez-vous dans ces conditions que des médecins puissent avoir confiance en notre institution ? » En réponse, et en aparté, Bertrand Cazelles directeur général adjoint de l’ARS de Normandie nous informe de la situation : « Nous avons lancé une mission d’évaluation et nous espérons dès le mois de février apporter une réponse à la problématique de la cardiologie. Quant à la procédure en cours à l’égard des deux cardiologues, nous ne pouvons pas faire grand-chose puisque c’est de la responsabilité de l’ordonnateur qui est, en terme juridique, le responsable puisqu’il engage sa responsabilité personnelle sur ses deniers propres. Il y a aujourd’hui une conciliation qui a été lancée, certains médecins ont accepté cette conciliation transactionnelle, d’autres ont refusé… »
De son côté, la directrice fonctionnelle du centre hospitalier indique que des projets sont actuellement à l’étude et que le directeur général du CHU de Caen lui a confirmé que l’offre de soin au centre hospitalier sera maintenue avec en plus la vocation à se développer en particulier dans le champ de la cardiologie.
« Cette perspective renforce le sens et la cohérence de la direction commune avec le CHU de Caen. Sa volonté est claire et constante accompagner dans la durée le CHE de la Côte Fleurie… »
Une déclaration qui, si pour certains semble être une réelle avancée, pour d’autres cette déclaration ressemble à des promesses difficilement atteignables. Pour autant dans l’assistance des voix se sont élevées pour dénoncer le manque de communication de la part de la direction…
Après cette levée de bouclier, la centaine de personnes présentes à cette cérémonie des vœux s’est dispersée en silence avec cependant l’objectif de rester attentif aux promesses faites et surveiller les évolutions des projets dans les semaines à venir.

@Honfleurinfos : Des habitants interrogent la direction de l’hôpital
@Honfleurinfos : Michel Lamarre, le président du conseil de surveillance se dit confiant face aux nombreuses promesses de l’ARS et du CHU.

Afin de montrer notre solidarité avec le personnel du centre hospitalier, nous avons décidé de mettre cet article en lecture libre, le temps du week-end.

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