Depuis le 17 octobre et jusqu’au 3 janvier 2027, dans le cadre de la 17ème édition du festival « Planches Contact Festival », les Franciscaines de Deauville accueillent le photographe Alain Keler, qui présente plusieurs photographies consacrées à la ville de Honfleur. Une exposition qu’il a lui-même baptisée « Souvenirs de Honfleur ».
Alain Keler est venu à Deauville le week-end dernier présenter son exposition qui parle de Honfleur, « Souvenirs de Honfleur », aux Franciscaines, dans le cadre du festival « Planches Contact ».
À travers ses souvenirs, il revient sur sa jeunesse et les années passées au lycée Albert-Sorel entre 1961 et 1964, une période fondatrice de son adolescence. « Quand j’étais jeune à Paris, au lycée Jacques-Decour, je n’avais pas de bons résultats. Mes parents avaient des amis qui avaient mis leur fils en pensionnat au lycée Albert-Sorel en disant à mes parents que c’était un endroit très surveillé. Mes parents m’ont envoyé là-bas, mais ça a été le bordel. Je me suis émancipé. », et de poursuivre : « On allait à Deauville en boîte de nuit. On vivait vraiment notre jeunesse. J’ai passé trois ans là-bas très intéressants, mais qui ont été interrompus puisque, ma deuxième année, j’ai eu une méningite. Le lycée était fermé pendant une semaine et j’en suis devenu le héros. Il y a des gens qui s’en souviennent encore aujourd’hui. J’ai photographié une femme qui était dans la même classe que moi. J’ai voulu retourner à Honfleur en partant du lycée Albert-Sorel. Le lycée est en réfection, car le bâtiment est très ancien et il y a de l’amiante. Le lycée se trouve à présent à la périphérie de Honfleur. J’ai pu rentrer un peu dans la cour de l’ancien lycée, qui me rappelait pas mal de souvenirs. L’idée était de représenter ma vie à cette époque. Je rentrais de temps en temps à Paris. Mes parents m’envoyaient 20 francs pour que j’achète un ticket de train. Je gardais l’argent et je rentrais en stop. Donc, il y a des photos sur le bord de la route où on faisait du stop et, à l’époque, ça marchait très bien. On faisait le mur pour aller à Deauville et ailleurs. Je me suis même retrouvé un jour à dormir dans une grotte avec des gens partisans de l’Algérie française à l’époque. C’était très surprenant, car, en plus, ils écoutaient de la musique néonazie. C’était très étrange pour moi qui viens d’une famille juive déportée. »
Quand il parle de Honfleur, ses souvenirs remontent à la surface, mais très vite, il constate des changements : « Ça faisait longtemps que je n’y étais pas retourné et j’ai vu une ville totalement changée : à la fois la même au niveau architectural, c’est toujours magnifique, mais différente, avec de nouveaux commerces de tourisme. Je voulais retrouver les cafés où il y avait des flippers ou des juke-boxes. Je me souviens qu’on allait à l’ouverture du premier café le dimanche matin, il ouvrait plus tard. Il y avait les hommes qui venaient prendre un café-calva et moi, je mettais Jacques Brel dans le juke-box. Ces endroits-là n’existent plus, mais ils sont présents dans mes textes. Il y avait la balade du jeudi et du dimanche sur la digue. C’était très important. Une des premières choses que j’ai faites en revenant, c’est d’aller sur la digue parce qu’à une extension de Honfleur et de la digue, on voit Le Havre. On avait des dortoirs au lycée et je me souviens qu’on a vu arriver le France, qui venait d’être construit à Saint-Nazaire, que j’ai voulu représenter par un paquebot qui quitte Honfleur. On voit aussi dans l’exposition l’ancienne pharmacie du Passocéan où, au-dessous, il y avait un café où on allait jouer au flipper. J’ai retrouvé une camarade de classe que j’ai retrouvée 60 ans après. Elle est venue me rejoindre à Honfleur. C’était très bizarre, car j’ai eu l’impression qu’on a eu des vies totalement parallèles et différentes à la fois.»
Lors des dernières élections municipales, Alain Keler était présent au dépouillement, histoire, là aussi, de glaner des souvenirs qu’il partagera sans doute à l’occasion d’une prochaine exposition.
A noter également la présence aux Franciscaines de Émeline Sauser qui a consacré un reportage photographique sur la Forge de Florence Marie, à Honfleur, mais qui a choisi pour cette exposition, un autre sujet, tout aussi remarquable.
Pratique :
Exposition Planches Contact Festival : Les Franciscaines, 145b Avenue de la République, Deauville.

